LE PROBLtME DE LA SANTt .J. I « Si la profess_ion de l'artisan l'expose :'t respirer des vapeurs nuisibles : s'il est don:ur, fumiste ou peintre, par exemple; si son traYail l'oblige a Yine dans une perpétuelle humidité: s'il est blanchisseur, débardeur, etc.; s'il respire des molécules minérales : s'il est carrier, pL\trier, tailleur de pierres, aiguiseur ou maçon; ou des molécules organiques : s'il est brossier, crinier, cardeur, chapelier, plumassic.:r, boulanger, etc.; la phtisie, qui a respecté son adolescence, peut tot ou tard l'atteindre dans son ùge mùr. « C'est, en effet, peut-être autant aux influences professionnelles qu':'t l'état de misérc qu'il faut attribuer l'énorme différence qu'on observe sous le rapport de la mortalité par la phtisie entre les classes aisées et les classes pauYres, différence qui se chiffre, suiYant Benoiston de Chfltcauncuf, par la proportion de un à six. Pour un homme aisé qui meurt phtisique, six pall\-res succombent :'tla terrible maladic,c'esta-dirc qu'on obserYc 9 phtisiques sur mille parmi les gens riches et 5.. ~ sur mille parmi les miséra.bles. - Ces chiffres d'ensemble sont effrayants sans doute, mais que dire de certains chiffres de détail, de celui-ci, par exemple, qui intéresse les aiguiseurs et les polisseurs d'acier : on a noté à Sheffield que sur 2,500 ouvriers employés au polissage de l'acier, 35 seulement atteignent l'ùge de cinquante ans; la plus grande p:utie ne dépasse pas la trente-sixiémc année. « La position corporelle nécessitée par le tr:ivail est, dans cert:iines professions, une autre source de maladies. C'est ainsi.que chez les :irtisans qui tra\·aillent constamment debout, comme les couteliers, les blanchisseuses, les repasseuses, etc., on obscn·c des varices Yolurnineuses des membres inférieurs qui, sous l'influence du moindre choc, peuYcnt s'écorcher, s'ulcérer, former par la continuité d':iction de la cause prcmicre des plaies ctendues, d'une guérison lente, difficile, et qui ne s'obtient guére qu'au prix d'un ou deux mois de repos; - un ou deux mois de chomagc, et partant de profonde miscre. « C'est encore à la position courbée qu'affectent les cordonniers dans leur tranil, et à l'obligation oü ils sont de prendre un point d'appui constant sur la poitrine et l'estomac, qu'il faut attribuer les hém~rrhagics pulmonaires signalées jadis par Stoll et qui sont, en effet, assez fréquentes chez eux; et aussi les maladies de l'estomac: gastralgie, gastrite chronique, cancer du pylore, dont ils sont si souvent atteints, au dire de Mérat, de Con·isart et de tant d'autres. « Les maticrcs mises en œuvre par les artisans de chaque profession ont, on le conçoit aisément, une large part d'influence sur le déYeloppement des maladies. « Cette influence s'exerce parfois directement sur la peau, et y détermine tantè>t des affections peu graves : comme la dermatose spe• cialc signalée chez les vanniers et les cann_issiers, ou comme celle qui
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