470 LA REVUE SOCIALISTE mistcs auraient dù faire leur profit le mois dernier à la Sociétc d'économie politique, au cours de la discussion cngagcc sur les placements en valeurs mobilicrcs ctrangèrcs. La crise que subit à cette heure le TransYaal est d'ordre économique d'abord, politique ensuite. On sait que le TransYaal, a,•ant la découverte des mines d'or et l'affiuencc des prospecteurs, à la recherche des précieux filons, était un pays cxclusiYemcnt agricole, habité par les Boers réfugiés hollandais et français installés au milieu des populations cafres avec lcsqucllcs les Européens faisaient assez bon ménage. Les Boers, au nombre de 80,000 enYiron, occupent un vaste territoire dont la possession gêne l'extension de la domination anglaise. Ils coupent en deux les colonies anglaises et barrent à la Grande-Bretagne son développement vers le Nord. Aussi la diplomatie britannique a-t-elle longtl:mps convoité les territoires boers. D'abord, clic s'efforça d'absorber cc petit peuple et de lui imposer son protectorat. Les Transvaalicns rcpousscrent les ouvertures et les offres anglaises. On eut alors recours à la force. Mais les Boers sont des pasteurs, une race vigoureuse et indomptable, qui compte autant de soldats que d'hommes ou de jeunes gens capables de porter un fusil. Ils résistcrcnt avec un acharnement héroïque à toutes les expéditions dirigées contre eux et finalement l'Angleterre dut se résoudre à respecter l'indépendance de populations décidées à tout contre l'envahisseur. Victorieux par les armes, les Boers ne tardèrent pas à être menacés par un ennemi autrement redoutable que les officiers de horse-guards, et cette fois, le pcril contre lequel ils se raidissent de toute leur énergie, c'est le sol même qu'ils habitent qui l'a créé. Il y a une quinzaine d'années, des ingénieurs reconnurent dans le Transvaal l'existence de nombreux filons aurifères d'une richesse au moins égale, si ce n'est supérieure, à celle des fameux gisements californiens. Aussitôt, nombre de chercheurs d'or pénétrèrent dans les districts à la recherche du précieux métal. Des compagnies se fondérent pour l'exploitation des gisements et bientôt toute une population nouYellc composée d'élép1cnts fort divers affiua parmi les Boers. Le gouvernement ne mit aucune entrave à l'établissement de ces nou\eaux venus dont la présence bait une source de richesse publique ù la fois pour les colons et pour l'État; pour les colons, dont les produits agricoles trouvaient un debouché rémunérateur soudainement agrandi, pour l'État qui avait organisé le régime des concessions et distribué moyennant des rcde\'ances déterminées l'attribution de lots considérables de terrains aux sociétés minieres. Tout d'abord, le développement de la population étrangere amenée au Transvaal par la soif de l'or s'effectua d'une façon en quelque sorte normale, malgré la prodigieuse rapidité a\'ec laquelle elle
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