La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

-1-68 LA REVUE SOCIALISTE masses, malgré le manque de communications sûres et rapides entre les Yilics et les Yiilages, malgré le régime féodal des grands propriétaires Je la Campanie, des Abruzzes et des Pouilles, on a remporte'.: quelques \'Ïctoires remarquables; la Calabre, encore vierge en 1895, a étc'.:cntamc'.:c et a donné 1,258 voix socialistes. La Sicile n'a fourni que le quart des Yoix. obtenues dans les c'.:lcctions prc'.:cédcntcs; mais il ne faut pas ou blicr qu'en 189 5 il s'agissait de protester contre les répressions sanglantes de M. Crispi, qui, à l'aide des décrets nc'.:roniens des tribunaux. militaires, aYait fait condamner les vaillants représentants du prolétariat à des siecles de prison; de la sorte, parmi ceux. qui votaient alors pour De Felice, Barbato, Bosco et Verro, on en comptait beaucoup qui n'étaient point des socialistes, mais simplement d'honnêtes gens réYoltés contre les iniquités féroces du goun:rnemcnt crispinicn. Cc n'est pas encore un triomphe; mais l'hymne de Yictoirc des socialistes est chanté par les adYcrsaircs eux-mêmes, à qui la peur fait faire <les grimaces naimcnt grotesques. Les crispiniens, auteurs de cette :i.ffreuse tragédie qui finit à Abba-Garima, ont étc'.:battus à plate couture. Les cléricaux., obéissant ,\ l'ordre du Pape, ont pratique'.: l'abstention; cependant, malgré les ordres de Rome, beaucoup d'entre eux sont allés aux. urnes pour :i.ppuycr quelque candidature cléricornodérée, surtout dans les ballottages. Maintenant, les journaux. catholiques sont en train de faire une étrange philosophie de l'histoire. En criant sur les toits la victoire des socialistes, ils la jettent à la tête des libéraux. auqucls ils prêchent que le drapeau rouge du socialisme sera la vengeance terrible de la prise de Rome. Ils s'obstinent à faire reculer le siécle, en espérant que la bourgeoisie, par crainte du danger socialiste, leur viendra en aide. La comedie n'est pas trop amusante, parce qu'on en préYoit la fin. N'importe: les travaillems italiens ont démontré qu'à l'occasion ils sa\'cnt faire front courageusement aux. deux. partis à la fois. Les élections du 21 mars en ont été une preuve éclatante. Elles furent la protestation indignc'.:c du peuple contre les terribles erreurs de la politique africaine qui a coûté tant de sang et d'argent aux travailleurs; l'épurntion du Parlement souillé par les relations coupables aYcc les b:i.nqucs; le refus par l'opinion .publique d'accepter le plat réactionnaire cuisine'.: par M. Rudini : le \'Ote plural. Eu DEMONE.

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