LES ÉLECTIONS EN ITALIE candidats républicains et leur aide en a fait entrer à la Chambre un nombre considcrable. Maintenant quelques considérations. Par le tableau statistique: précèdent on voit que le Piémont et la Lombardie sont à la tète du mouvement. Le Piémont depuis 1895 a triplé le nombre de ses votes socialistes.' C'est bien ce qui a fait courir un frisson dans les veines des anciens partis. Il n'y a pas à badiner : Turin, la ville bien-aimée de la dynastie, l'ancienne capitale du royaume de Picmont et de Sardaigne, la métropole des b11gir111e11 (immobiles), a élu sur cinq députés deux socialistes; un autre candidat du parti a échoué au ballottage pour moins de 90 voix. Cc résultat est d'autant plus remarquable qu'en Piémont n'a jamais existé, ou Ju moins prospéré, un parti radical démocratiq uc. Le Piémont, gouverné depuis des siccles par une dynastie belliqueuse et vaillante mais religieuse et intolérante, n'eut jamais une floraison vraiment libérale. C'etait la terre promise des soldats et des prêtres. Aprés la domination napoleonienne les nobles et les moines furent les maîtres; le roi se vantait d'aYoir dormi quinze ans. Pendant la guerre de l'independance, c'est du Piémont que sortit le libéralisme monarchique qui devait étouffer le républicanisme démocratique Je Mazzini. Ici le socialisme n'est pas un acccs de sentimentalisme; le Piémontais est calme, sensé, réfléchi; il a plus de tenacité que d'enthousiasme. Les étrangers disent qu'il y a du Belge et du Hollandais dans le caractère des Piémontais; l'imagination n'est pas leur fort, ni leur faible. Je crois qu'on doit le succés du socialisme en Piémont à son plus haut degré de culture intellectuelle et de déYeloppcmcnt industriel. A noter aussi le triomphe de M. Pescetti à Florence. L'ancienne patrie de Giano Della Bella, qui était endormie dans le lit des clérico-moderés, s'est réveillée et a repris les glorieuses traditions de la république démocratique du moyen-âge. Le Midi n'a pas donné tout ce qu'on attendait. En parcourant ces régions, on se sent transporté en plein moyen-âge. La sensibilité pct1 affinée y est l'indice d'une civilisation peu développée, et beaucoup des habitants, quoiqu'ils aient à supporter le joug d'une fiscalité tyrannique, ne sentent pas les pointes dont on les pique. La féodalité, avec tous les maux qu'elle amène, a été détruite en apparence; mais elle régne toujours; dans un milieu Je cette sorte la conscience socialiste a bien de la peine à se former. Cependant, malgré tous ces obstacles, malgré l'abrutissement des
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