La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

452 LA REVUE SOCIALISTE LA BANQUE D'ÉTAT ET LA GRÈVE DU NORD-EST EN SUISSE La Ba11q11e d'Etat. - On sait que le peuple suisse l'a rejetée, dimanche 28 février. La Suisse romande, sous prétexte de fédéralisme, a fait un effort inouï pour repousser la loi. Les rétrogrades de tout acabit, se.rvant fidèlement la haute finance, ont trouvé dans cette partie de la Suisse des éléments qui leur permettent, grâce a des équiYoques saYarnmcnt entretenues, de compromettre tous les progrès sur le terrain fédéral. Ainsi a été perdu le fruit de longues années de travail et de sacrîfice, car depuis plus de trente ans, la Suisse s'est occupée de la crcation d'une banque centrale d'émission de billets de banque. Actuellement nous aYons trente-quatre banques d'émission, émettant chacune des billets différents. De ces banques, une dizaine seulement sont des établissements cantonaux, toutes les autres sont des établissements privés. La nécessité <l'unifier l'émission <les billets de banque et d'organiser un établissement de crédit national a été démontrée d'une façon magistrale, dans la Revue Socialiste, par notre ami, le citoyen i\layor. Au fond, l'opinion publique n'était pas hostile a cc principe, puisque, le 18 octobre 1891, le peuple avait adopté un article constitutionnel rcservant a la Confédération le droit exclusif d'bnettre des billets et de créer une banque centrale, mais laissant ouYcrte la question de savoir si cette banque dcYait être une banque nationale avec participation <les capitaux privés ou une banque d'État pure. Le Conseil fédéral choisit cette dernière forme et se prononça pour une organisation unitaire. La loi, élaborée en exécution du nouvel article constitutionnel de 1891, a été repoussée par 250,000 non contre 195,000 oui. La peur de voir la Banque de la Confédération porter préjudice aux banques cantonales qui sont aussi des établissements d'État, est peut-être un des facteurs principaux du rejet. Il est vrai que les adversaires n'avaient rien négligé; il s'agissait de sauver la caisse et pour cela l'on ne

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