POURQUOI CUBA ET LES PIIILIPPIXES SO~T E:S: l~SURRECTIO.N -P 5 ment s'est formée la richesse mcr\"\:illcuse de Cuba qui lui valut le titre de« perle des Antilles», et en mè1m: temps aYcc qud ach:1rncment la m~tropolc a toujours cherché les moyens les plus irrit:rnt'l Cl les plus néfastes pour :urètcr un dén:loppcmcnt qui tenait <lu prodige et de,·cnait d'année en année une menacc plus prononcée contre l'élémc11t espagnol. Cuba est une dcs premières parties du :--:ou,·eau-\lon<le qui soi.:nt tombées sous la domi11;1tion de l'Esp.1gne, et cependant son hi5toire ne date que d'hier. Elle fut découYerte p:ir Colomb en q92 cl occupée définitivement <lix-111..:u.rfns aprés p;1r \'cl.1squez, gou\'erneur d'l lispaniola, qui y fonda Baracoa. :\u comme11cement, les a,·entu,·iers espagnols, qui croy.1ient y troun:r de l'or, afTiu.'.:n:nt cn masse de tous les côtés; n1.1isqu.rnd ils s'.1perçure11t l]Ue l'ile ne r.:nfl'rmait que du cui\Te, ils pass.'.:rcnt tous sur 1c continent, au \lcxique, :1 1.1 ;s/ouvclle-Espagne et au Pérou, mais p:1s a,·;111td'a,·oir tué par milliers les premias habitants de Cuba. \bis si l'ile ne pou,·ait ri\'aliser an:c les autres colonics de l'Esp.1gne au point de \'Ue de l.1 richessc de ses mincs, elle était bien plus fertile que n'imr,orte quelle possession de la couronnc de Castille. D.rns ses forèts, on trou,-;1it les bois lcs plus rechachés, l.1 terre donn.lÎt du L1b.1c, Ju cacao et du sucrl' (ce dcrnin d'importation plus récentc), ses luies et ses golfes se prètaient à llH.:rvcilk au commerce entre l'Europe ..:t l' . \mérique. Et cependant Cub.i ne sut jamais faire parler d'elle. La population, peu nombreuse, composée en grande partie de petits propriétaires blancs et pour le reste. d'esclaves importés d'Afrique par des naYires portugais, YiYait paisiblement en cultiYant la terre. L'égalité presque absolue des fortunes a\'ait déterminé une aisance générale, un état de prospérité uniforme, tandis que les escl.wes, qui YiYaient à côté de leurs maitres en qualité de domestiques, jouissaient d'un traitement assez doux. Leur nombre du reste, comme nous disions tout à l'heure, n'était pas trop grand, et le chiffre de ces malheureux introduits à la Ha\'anedepuis 1521 jusqu'à Iï90 n'arri,·ait pas à 100,000. On comprendra aisément qu'une population pareille, à laquelle il faudrait ajouter 300,000 blancs, ne pouvait pas mettre en nlcur toutes les ressources dont Cuba disposait. Mais si Cuba n'a~teint pas d'un seul coup la richesse à laquelle clic aYait droit à cause de son sol merYeilleux, de son climat et surtout de sa situation unique, la faute doit retomber presque exclusivement sur la métropole. On connait depuis longtemps le système de colonisation suivi par l'Espagne. Une jalousie inexplicable et impardonnable vis-àvis des territoires annexés à la mère-patrie et en même temps une peur
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