La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

32 LA REYUE SOCIALISTE D'.iprès Mulhall, k coefficient d'émigration des peuples peut 0tre fixé pour 100 :, ..\llcnugne 5.5 Angleterre 5.2 Italie. -t,0 Hussic o. 3 Suède 2.7 Suisse -t,9 KorYègc l, 2 Fra111:c 0.2 D.111emark. l. 0 Et notons que notre minuscule émigration ne va pas i1 nos colonies, où l'on ne trouYe guère que des fonctionn:1ircs (en moyenne 1,200 sur 1,500 Français pour les dépembnces nem·es). En Algérie, la seule de nos possessions où nos compatriotes se soient établis en nombre, on comptait encore, en 1881, sur 233,900 Français, 98.000 soldats, fonctionnaires et employés de chemins de fer, sans y comprendre les pensionnés et tous les gens qui ,·i,·ent de l'administration (1). Les B.1sques, les Pro,·ençaux, les Dauphinois qui passent 1.\ mer se rendent <l,rnsl'Argentine, dans l'CrugLuy ou au Bn'.·sil (2). Tant il est nai qu'on colonise - dans le bon et large sens du mot - en longitude et non en latitude ! Rapprochant maintenam, <lu t,1ble:1u<lecodticicnts que nous avons reproduit, l,1 superficie kilométrique des annexes des <li,·ers pcuples, nous conduons que si tous, plus ou moins, sous la pression des faits économiques, si.! sont ingéniés .\ conquérir <li.n! ouYelles terres, aucun n'a poussé cette fureur aussi loin que nous. L'Allemagne et l'Italie ont abouti surtout à couHir de leurs nationaux les deux .\mériques : de là l'influence prédominant\! qu'elles ont prisc ou qu'elles prendront dans le dén:loppement des jeunes sociétés de ..:c continent. Telle est la waie colonisation, celle qui n'entraine ni effusion de sang, ni explosion de barbarie, celle qu'J~lisée Reclus définit si justement la propagation d1:s idées, des lin.:s et d1:la l,mgu1:. - La colonisation est la solution la plus pratique de la question sociale. En expédiant d,111sles autres continents les traYailleurs inemployés, l'on :ipaisera les haines de classe et l'on supprimera la misére. « L'expansion au dehors est un rcméde :tu mal social» (Ch. Lemire). - « Il y a une corrélation étroite entre la crise sociale et le mom·ement colonisateur» (de \'ogüé). Sans aller aussi loin que certains réactionnaires contemporains, qui accLpteraient tn:s Yolonticrs la relégation pour le pau,Te, i\Iichcl Chevalin considére les colonil's comme des champs d'éprem'e. Il est trés curieux de Yoir à notre époque certains ri'.:publicains sincéres verser d,111sles théses de l'économie orthodoxe. En 1848, :i la Constitu,rntc, on présentait l'.\lgl'.:rie comme une panacec. L'cxperience manqu,1it peut- être. i\Iais que dire, lorsqu'.i une date toute (1) Yves Guyot : Le/Ires rnr /., f•,•litiq11rcolo11iale. (2) \'oici l.1statistique de nos « colonies libres ,, : C.rnad.1, 1,525 ,ooo Fran.;.1is ou <lescend.1111,de Fran.;.1is; Argentine, 200,000; Br~sil, 10,000: Louisiane, 80.000; l'ru~u.1y, 15 ,ouo.

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