IŒ\.UE DES LIVRES 371 durabk: qui fit au christianisme s.1 raison d'être. JI n·en eut pas d',1utrc et il ne fait faillite que p,1rcc qu'il a oublié que c'ét,1it sa raison d'être. Et Li force du socialism..:, son a,·enir - je ne parle pas ici d'un parti quelconque, i'l1aisd'un mou"ement, d'une direction de la \'Olonté sociale - est justement dans le f.tit qu'il précise et dirige la marche ascendante de l'humanité vers plus de justice, vers plus de solidarité, marche retardée par les clergés de toutes conf..:~sions au service des minorités qui possèdent les biens de Li communauté. La petite portion de la jeunesse intcllcctuelle, de l'ari~tocratie intcll1xtuelle sui\'ant le mot de M. Henri Bérenger, dont .\1. l'abbé \ïctor Charbonnel peut êtn.; le chef à l'heure qu'il est, va-t-elk donc prendre une position de corps volant entre l'église, la religion si ,·ous préférez, et le socialisme? C.1r elle ne veut rien a,·oir à faire .\\TC l'immense troupe.tu qui dit: « Mangeons et bu\'ons, puisque demain nous mourrons». Cette position deviendra intenable,\ l.1longue, et en\•ieillissant ils se laisseront ou com·.lincre par les matéri,ilistes pr.niqucs, ou bien, repentants, ils retourneront s'absorber en celle « qui se dit une mère et qui n'e;,t qu'une tombe». Sans point d'appui solidc, p,tr le fait qu'ils ne sont p,1s encore affranchis d'une méfiance ata,·ique inculquée par la religion :1 l'égard de b raison et de Li science, leur idéalisme dcmeurer.1 stérile, une pl.tntc élégante, m:iis sans racine. li leur reste, cependant, s'ils ,·eulent f.iire œu\Te qui durc, à prendre un dernier p.1rti, à se rallier à notre idéalisme et :\ apporn.:r à l'étude des questions soci:iles leur t.ilcnt, leur science, leur honnêteté, afin que nous tra,·aillions unis pour convoquer un jour des assises humaines bien autrement grandioses que ccllc..:sdont un congrès des religions offrir:iit le spectacle. * * * Ubaldo-Romcro Qurno~Es. -Teoria del Derecho. -:'viadrid, 1895, 2 ro pages L'auteur de cc livre intéressant est un ancien républicain. Il ,1 combattu toute sa vie pour ce noble idéal, et dans sa longue carrière il n'.1 jamais eu d'autres préoccupations que la grandeur de l'Espagne, le bonheur du peuple, le triomphe pacifique de la démocratie. Penseur et combattant, i\f. Qui nones connut, à côté des satisfactions d'une victoire éphémère, l'amertume et toutes les douleurs de l'exil. Cependant, les longues années de son séjour :1 Bruxelles, où il rencontra beaucoup de nobles esprits, entre autres Benoît Malon, ses pérégrinations à travers l'Europe entre un coup d'épée et l'autre, ses études persévérantes ne devaient pas tarder à porter leurs fruits. Il suffit pour se convaincre de la vigueur intellectuelle de M. Quinones de prendre connaissance de ses ouvra 6 es, qui touc_hent à tous les domaines de la science. C'est à sa Théorie de la j1tstice, de mème qu'à la Rt!ligio1d1e la science, à la Philosophie de la charité, à la Form1tlasocial et à la Psicoloffiamilitar qu'il doit la renommée dont il jouit fort justement en Espagne et à l'étranger. La Teoria del Derecho est la dernière œuvre de l'auteur qui ait un caractère rigoureusement scientifique; car M. Quinones n'oublie pas qu'il a été
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