RE\'UE DES LIVRES modeste - car il s'abstient trop dc·pénétn.:r l<:s causes encore obscures des faits qu'il étudie, - et trop ambitieux - puisqu'il n'a pu s'emp0cher cependant de générnliser et de conclure. Mais nous le remercierons aussi d'a,·oir, p.1r le groupement intelligent et l'exposé toujours clair de faits nombreux et instructifs, contribué ù mettre en lumiè:re cette ,·érité si importante de la sociologie, que « d'une maniére ou d'une autre, a,·ec plus ou moins de brutalité, 1:1 ,omme du labeur nécessaire au maintien des sociétés .1 presque toujours été imposée i1 une fraction seukment des populations, c'est-i1-dirc a été servile ». AD. MECRO:S:. * * * Congrès universel des religions en 1900, de l'abbé \ïctor CHARBONNEL. - Paris, Armand Colin, éditeur Le nouve:rn li,-re que vient de publier M. l'abbé \'ictor Cl1.1rbonncl est l'histoire d'une idée, nous dit-il. Nous traduirons ici idt!c par ,-,;,,,·.Dans un projet plein de ju\·éniles illusions, cc prétre militant r0,·ait d'entrainer l'églis<.: catholique de France dans le couram dc l'action moderne et de la placer à la t0tc d'un congrès des religions qui tiendrait ses assises au cours de !'Exposition universelle que Paris prépare pour l'entrée du ,·ingtit:me ,iécle. L'Amérique en tint un semblable, ch 1893, il Chicago, et a\·ec succès, assure-t-on. M. Charbonnel jugeait que même tentative pou,·ait 0trc répétée en Europe. Le haut clergé français en :t jugé autrement et opposé it ses démarches une fin de non-rcce"voir. Il faut le reconnaitre, cette attitude est celle: d'un roc battu par la marée montante de la pensée libre, et qui ne se laissera pas entamer, mais disparaîtra debout et entier, s'il faut disparaître. Seuls les protestants et les juifs ont répondu à l'appel de M. Charbonnel, ce qui n'était pas de nature à faire revenir des évéques sur leur décision. M. Charbonnel aurait-il perdu son temps depuis tantôt deux :1.11qsu...:dure sa campagne en fayeur d'un congres des religions? Nous ne le croyons pas. Elle aura·servi à révéler it ceux qui ne le distinguaient pas nettement encore l'abîme qui sépare l'Églis·e d'avec la pensée moderne; mais ceci est un résultat plutôt négatif. Elle produirait un résultat positif, si elle amenait M. Charbonnel :1comprendre qu'il peut défendre plus efficacement ailleurs qu'cn un congrès la cause de l'idéalisme, ce qu'il appelle s.1 religion de l'idéal. - Nous ne le chicanerons pas sur les termes; car il est des termes différents qui peuvent exprimer même chose. Mais qu'est-ce 911e l'idéalisme? - Notre idéalisme, à nous, celui qu'exposait il y a peu de semaines M. Georges Renard en sa remarquable conférence, est l'ensemble des nobles buts qne se proposent des intelligences loyales et viriles pour procurer à tout être humain une plénitude de vie physique et morale en rapport avec le développement matériel et intellectuel de leur époque. C'est cet idéalisme qui \"a conquérir le monde par son alliance féconde avec les n:alités scientifiques, Et c'est bien au plus profond de la conscience humaine, dans son besoin de justice devenant fraternel et solidaire par !'hi- '
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==