La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

!.A RE\'C'E SOCIALISTF. lité du pays en 111ontr;111tque nous aYons lies soldat<; ». Hanot.tux ajoute que « sortir de l'ile, c'est perdre l'honneur». Ne croyez pas, :rn surplus, que ces formuks aient Yibré seulement au Parlement francais. En It,1lic, l'1morcdella b1111dicra (l'honneur du drapeau) a été sans 1:cl:\che brandi par Crispi contre l'opposition socialiste. '.-->ec!e,u·,n coloni.tl pourtant, s'est chargé d'.1ppr.'.:ciercet argument qui n'est qu'u;1 simple cxp.'.:Jientd..: tribunt:. li dénonce dans cet étal.1ge de mots pompt:ux une f.1usseconception de 1.1 dignité nationale. - De plus, par leurs actes mêmes, nos goun:rncmcnts se sont mis en désaccord a,·cc leurs discours . .\u comest.'.:guyanais, Jans la région des Touan:gs, on a pu ma,sacrcr nos concitoyens sans qu'aucune intervention se produisit. Pourquoi? Il y a donc deux n~tions de la fierté d'un peuple? - Cc n'est p.1s tout : le monde occidental a des deYoirs impérieux Yis-.\-Yis des nations moins aY,111cées en cultnre. Le blanc doit au noir, au rouge, au jaune, un enseignement, un apostolat de ciYilisation. C'est le fait d'un gr,rnd peuple de se Youcr à l'affranchissement des fn:res encore barbares. « L'abandon de la colonisation en .\frique serait une sorte d'attentat contre la ciYilisation », s'écrie Leroy-Be,rnlieu. Les mots « mission sainte, Yocation proYidentiellc », reviennent plus ou moins sou,·ent d,111sles discours de tous ks ministres opportunistes qui ont besoin d'argent. Qu'ils soient d'ailleursAnglais ou Français, ou Italiens, les hommes d'État de notre époque ne s'expriment pas di,·ersement. Les plaidoyers de i\[ancini à Montecitorio pour l'Erythrée ressemblent à ceux de Ferry pour le Tonkin : mêmes clichés, mèrnes dissertations philanthropiques, mêmes rêYes mystiques. L'histoire répond et flétrit l'inhumanité des puissances dans les contrées ..:xotiques. La place nous manque pour rappeler les méfaits de la colonisation européenne. ::S,:ousa\'Ons :1 notre passif l'affaire des grottes du Dahra, la trahison il l'égare! d'Abù-el-Kader, l'extermination arabe, le refoulement continu dont Lamartine s'indign.1it déjil en 1846, les fusillades du Ilaut·Tonkin, et si les faits dt.: b.1rb,1riede nos agents civils et militaires sont moins nombreux, moins atroces que c..:ux des Anglais (\'oir la trainée sanglante laissée par Cecil Rhodes), des Iulicns (les hécatombes de Li\'raghi, le li\'raghismc, à Massaouah), ou des Allemands (les scandales de Cameroun), nous a\'ons aussi le droit de nous ,·oilcr la face. C'est une oeuvre néfastt: que les puissances ont consommée, en dépit dt.:tous les arrangements. des con\'cntions de Bruxelles et de Berlin entre autres sur le Continent NoiL Les tribus qui ont été en contact a\·~c les blancs 'sont tombées sur le champ dans la plus affreuse dégradation. << Le nul d'Occident», sui\';111tl't:xpression de Quatrefages, a multiplié les YÎctimes, déshonoré la pénétration européenne. Pourquoi \'oudrions-nous plus que les autres nous soustr.1ire :1 ces responsabilités? Nous nous souvenons, au surplus, de cette assertion brutale d'un membre

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