La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LA COLO>:lSATIO>: SOt.:S LA TROIS!E)IE Rl~PlJBLIQL"E 29 raux, - sociaux, - èconomiques, - militaires. 1ous allons ess.1yer de les rcsumer trcs brièvement et très impartialement. ~ 1. - Arg11111wls111arn11x Les petits pays verront de plus en plus dècliner leur i11flue11cseur le <Ylobe• seules les J)Uissancesriches en millions d'hectares sont dcsti- ~ ' 111'.:es :'t exercer une action dans l'avenir. « \"oulcz-vous q11c la Fr:111ce <le\'icnne une Suisse?» s'ècrie Ferry. - « Les Ét:ns qui garderont une faible ète11dueen face de ces gra11desagglomèrations dc la Russic, de l'Amèrique, tomberont au deuxicme rang», dit en subst.111cc 1c plus célèbre des thèoriciens coloniaux d'outre-~l:111che, Secley. - En 1868 dcjù, Prcvost-Paradol regarde l':\lgérie comme la chance suprèrne. « La France doit se crèer un empire colonial ou son prestige pcriclitera », affirme Raml'aud. Plus explicite encore que ses èmules, LeroyBeaulieu ècrit les lignes suiva11tesqui précise11tla doctri11e: << La conscience 11atio11alscait que seule la colonisatio11 peut maintenir ouverte ccttl' v.1sh.:carrière <l'activitè et <l'expansion, ce cha111p11ùess11iriele l'itlàtl, dont ne peut se passer complètement un peuplc qui n'est pas caduc ..... ;s;otre pays 11'aqu'un moye11d'ècl1.1pper à u11cirr~rnéJi.1blc déchèance : coloniser. » On ,·oit 1.1 th<'.:sl!: on pL!ut 1:1 poursuÏ\-rc :1 perte d'hori1.0n. Pour la réfuter, il suflit de jeter un coup d'œil sur le présent et de se demander si l'Allem,1gne est pr<'.:sd'O::trc é..:r.1sée, an:c s..:s quelques cent.lÎnt.:\ de milliers de kilom.'.:tres urrés, par les dizJines de millions Je l.1 Cr.lllde-Brct.1gne. L.1 Chine, malgré l'imml!nsité de ses proYÏ1Kl!S,n'.1-t-clle p,l\ succombé dev.lllt le petit Japon? Pourquoi l':l\"enir contr,1stl!rait-il si fort a,·l!c le p.1ssè, où t,1111 d'empires énormes sl! sont heurtés en ,·,,in ."t des sociétés minu,ctdes; où la Gr<'.:cca cxen:I'.:sur le monde un r,1yonnemcnt uni,·erscl, infini d.rns le temps et l"espace, alors que les colosses assyriens et perses ~·effondraient d.1ns l'oubli ? Qu'importe que nous de\"cnions une Suisse, au milieu des grandes agglomérations autocratiques ou constitutionnelles, si nous gardons intactes la pensée vi\'iliante, l'intclligènc..: suprèml! de l"é,·olution humaine? - 1-.1:iispcrmettrez-Yous qu'o11 insulte YOtre drapeau, qu'on humilie YOtrcpatrie? Li où ,·os couleurs ont flottè, vous deYez YOUS maintenir inébranlables. « Toutes les parcelles du domai11e colonial, dit Ferry, le 31 octobre 1883, sont sacrées pour vous, d'abord parce que c'est un legs du passe, ensuite parce que c'est une résen·e pour l'ayenir. Il s'agit de l'avenir même de la patrie. » Un autre jour, il demande des credits pour le Tonkin, car,« s'il ctait contraint de retirer nos troupes, on nous croirait incapables de garder une colonie ». Ses clèves tiennent le mème langage. Dans la discussion sur l'expédition de Madagascar, André Lebon représente qu'il « faut soutenir la mora- •

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