CHRONIQUE MUSICALE H5 que débute le deuxicme tableau. Telle Psyché enlevée par les zéphirs, Fiona se trouve transportée au seuil du palais de Flathal, par un p:1lc clair de lune qui fait scintiller autour de la clairicre les buissons et les .1rbres. Entourée du chœur des Esprits enchanteurs, Fiona exprinH.: son étonnement, et elle appelle celui qu'elle aime. « Un nain, dont les pas rendent l'herbe lumineuse, sort d'un buisson. » Apres l'eni- \Tante symphonie du chœur des Esprits, dont la douce langueur enYeloppe les paroles de Fiona, un motif sautillant, confié :rnx instruments à Yent, souligne l'entrée de Turl, et va s'attacher sans relâche à ses paroles. Je suis Turl, fils des halliers, Je suis Turl, fils des bruyères. Et j'emporte :1 mes souliers Tous les rayons poudr:.nt la mousse ,ks cbirii:rcs. Le nain malicieux fait smgir subitement un carossc féerique, dam lequel monte Fiona, « entrainée par un sentiment de curiosité jalouse», et Turl, qui la suit du regard, « aYec un rire strident», chante en cueillant des fleurs. Des fleurs pour embaumer la coupe d'or de .:clic... Que le Trépas épouse cette nuit. Puis, en siffiotant, « il s'enfonce dans la forêt p..:ndant que la brise , apporte, comme un murmure étouffé, les Yoix des esprits ~ntrainant Fiona vers le palais magique. )> M. Bachelet ,l écrit pour ce fragment une partition des plus intéress:111teset des plus originales, où l'orchestration trés importante, trés descriptive quoique sans exccs, n'étouffe jamais Li \'Oix des interprctcs. Ceux-ci, M11 c El. Blanc et M. Engel, ont fort intellig..:mment tenu les ràles de Fiona et de Turl, et ont recueilli aycc l'auteur et l'orchestre, ainsi que son Yaillant chef, des applaudissements birn mérités. Le troisieme acte du CrépusculedesDieux a été cc même dimanche ( 2 I février) interpn'.:té en entier à Paris; mais tandis que M. Colon ne exécutait le piélude, la sccne de Siegfried et les filles du Rhin, le Récit et la Mort de Siegfried, suivis de la Marche foncbrc, M. Lamo1 uroux conviait ses habitues à l'audition de cette même Marche funèbre et de la scène finale, chantee par MmeChrétien-Vaguer. Celle-ci a été superbe dans le rolc de Brünnhilde, qu'elle pourra tenir au -théàtre avec une grande autoritc, le jour, assez prochain, di-t-on, où la 'Iëtrnlogie tout cnticrc aura conquis droit de cité :i Paris. Au Chùtclct, Manfred, le pocmc dr_amatiquc de Schumann, d'aprcs lord Byron, a etc monté avec un certain luxe, MM. MounctSully, Silvain et M11 e du Min il ayant été empruntes par M. Colonne :i
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