La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

CHRO~IQUE THÉATRALE 3-1-3 -l'hàte et le meilleur ami; il les tire tous deux de peine, leur rend les plus signalés services, et la femme évolue très à l'aise entre son mari et son ancien amant. \'oilà la situation. Tout le monde l'accepte, sans même songer à y faire la moindre objection. Et pourtant transportez-la à Paris, dans la classe moyenne : clic devient ridicule et presque odieuse. Seulement les spectateurs ont admis instinctivement et a priori que les paysans, gens simples, plus voisins de la nature, pouvaient ne pas_ eprouvcr certaines délicatesses, certaines répugnances, exagérées peut-être en bonne logique, mais que le raffinement nous impose et dont nous ne saurions nous defaire. Je crois bien que le fait présenté par M. Richepin n'est ni exceptionnel ni ctrange à la campagne; mais la ciYilisation donne à l'homme des villes une certaine scnsibilitc d'épiderme que le rude maniement de la faux et de la charrue ne laisse pas naître. J'ai regretté qu'il n'y eût pas assez de poesie dans le Che111ineau. Je ne reprocherai pas à M. Gérardt Hauptmann d'en avoir mis trop dans la Clochee11glontie, car trop de poésie ne me dcplaît pas; mais je lui reprocherai de n'avoir pas fait la sienne assez claire. Après tout, c'est peut-être moi qui n'y \'Ois goutte ... lvi. Hauptmann a recueilli de Yieilles légendes silésiennes qu'il a fondues en un conte dramatique, comme a fait son heros, maitre Henri, fondant sa cloche de divers métaux. Il a bien le droit de se dclecter au son de l'instrument, qui sans doute tinte sonore et éclatant pour lui. Mais nous autres, qui ne sommes pas Silésiens, nous ne distinguons qu'un bruit rauque et confus. J'ai vu des gnomes, des ondines, des elfes, qui ressemblaient assez aux faunes, aux hamadryades, aux n1:réides de la Grccc, mais qui n'en avaient pas le charme limpide et harmonieux. Je n'essaie pas de traduire leur langage et leurs idées plus embroussaillces que les taillis de leurs forêts. GASTON STIEGLER. •

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