REVUE DES RE\"UES 331 un hon:mage à l'intelligence et i l'énergie <le femmes dont la vie est un enseignement. * * * M. Ch. Gide, professeur d'économie politique à i'vlontpellier, -- qni, dans le monde des facultés de droit, semble un peu révolutionnaire, patce qu'il est le partisan convaincu de la coopération et semble ainsi s'approcher de nous, - M. Gide plaisante doucement ù propos du socialisme dans !'ÉMANCIPATION ( organe des associations ouvrières et du centre régional corporatif du Midi). Il nous explique pourquoi Ir collectivisme 11erègnera pas de sitôt en France. C'est bien simple. Il y a à Montpellier des mauYais plaisants, - les élèves de M. Gide, peut-être, - qui s'acharnent contre un malheureux réverbère situé non loin de la maison du professeur. Chaque nuit les verres en sont brisés, chaque matin la municipalité les remplace, et, parait-il, la plaisanterie continue au grand deplaisir des habitants du voisinage, qui n'y voient goutte en rentrant chez eux, après une soirée passée au café de tempérance. A Montpellier encore, les habitants s'approvisionnent gratuitement de porte-plumes dans les bureaux de postes. En Allemagne, au contraire, des cerisiers ombragent les routes t:t les voyageurs mourraient héroïquement de soif plutot que de toucher à des cerises municipales ou nationales. Moralité: « il n'existe en France pas même l'ombre de respect pour la propriéte collective ». Donc point de socialisme possible. Donc, devrion~-nous dire aussi, pas de coopération possible, car la coopération comporte elle aussi le respect de la propriété collective. Mais vraiment l'argument est bien peu sérieux pour qu'on le discute avec rigueur. M. Gide, qui pourtant es! un juriste, semble mépriser la logique. On brise un reverbère, on chipe quelques porteplumes ; s'ensuit-il que la majorité des citoyens soit capable d'actes semblables? En peut-on conclure que toute propriété collective soit impossible? Il y a en France un certain nombre de gens qui n'hesitent pas à assommer les passants pour prendre leur bourse. En dcduira-t-on que la vie des citoyens n'y soit nullement respectee? Inutile d'insister longuement, n'est-cc pas. Les petites histoires de M. Gide ont de l'agrément: ses aimables attaques apportent une note gaie dans la polemique. Nous ne pouvons que lui en savoir gré. PAUL LAGARDE.
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