320 LA REYUE SOCIALISTE de renom, puissante ccllc-lù : « Les Tisserr111d)s)' <le Hauptmann, il en est encore à ses premiers ütonncrncnts. Nous aYons bien quelques poétc~ qui excellent dans l'art de rimer : Hcnkcl, Seidel et Holz nous o:1t donné de beaux Yers socialistes. Mais, dans le domaine du drame et surtout du roman, presque rien de durable n'a été crU:. C'est donc ;\ l'étranger que les rcdactcurs de feuilles socialistes doiYcnt emprunter leurs 1cuillctons, s'ils ne Yculcnt se contenter uniquement des productions lim'.·raircs de nos jeunes romanciers naturalistes. C'est aussi dans la plupart des cas cc qu'ils font. \'oici, à titre de curiosité, la liste des œuHcs qui sont particuliércment goùtécs par les lecteurs. C'est le nom de Georges Renard, directeur de cette Revue, qu'on rencontre le plus dans les feuilletons socialistes. Ses deux romans : U11Exilé et la Co1m-rsio1d1'A11drc Snve1rny, dont M111c Kunert a fait une bonne traduction, font depuis trois ou quatre ans le tour de la presse. Viennent ensuite Zola et M:rnpassant, dont on public Gern1i1rnl et Bel A111i. Si nous ajoutons à ces œm-rcs quelques romans <le Dostoïcwski et les productions de deux ou trois auteurs tchéquc~ et danois, nous aurons énuméré les ouvrages qui occupent la pbce d'honneur dans les feuilles du parti. Les œm-rcs littéraires des auteurs allemands ne Yicnnent qu'en troisicrnc ligne. NLil dùutc que l'art social ne se heurte encore en Allemagne ;\ bien des diflicultcs. Sans vouloir faire de la thforie ici, il nous parait évident que son caractcrc timide, sa stérilité relative, vient <le cc que l'élite de la jeunesse intelligente bourgeoise n'est pas encore gagncc au socialisme. Elle s'arrête encore à mi-chemin entre les procédés du passé et ceux d'une cpoquc qui s'annonce comme dc,·ant être la période par excellence des grandes transformations de l'ordre social et de la pensée humaine. La mission du parti ouvrier n'est pas de montrer le chemin;\ ces indccis, c'est-à-dire d'élaborer les formules de l'art nouveau et de donner un fondement théorique ;'1 ses manifestations de l'heure présente. En luttant sans cesse pour plus de liberté et de justice, il indique bien le but vers lequel ont à se porter les efforts des poétcs, de même qu'en abolissant enfin l'antagonisme de classe qui s'apposait à l'unité <le conception en maticrc d'art il frayera la Yoic à toute œuvre vraie et harmonieuse. Mais c'est le côté pratique qui l'intéresse le plus. En laissant aux préoccupations indi\'iduclles le soin de la ré,orrnc de l'art en lui-m0mc, il s'efforce - et c'est son grand mcrite - de l'utiliser pour la cause humanitaire à 1ùcsLire qu'il gagne en inAuence sur les cœurs et les imaginations. Les socialistes ennemis de l'art? Que nos adYcrsaircs osent venir répéter cette calomnie en face de cc congres d'un parti qui, tout en se trouYant en butte aux plu~ cruelles persécutions gouYerncmentalcs, et par cela même presque tout entier absorbe par la dcfcnsc de son existence nntcriclle, trouYc
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