La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

L' ALLDIAG::-SE SOCIALISTE E~ I 896 Enfin le côté pédagogique du socialisme n'est pas non plus négligé. Le Neue TVelt (NouYeau Monde), feuille littéraire qui est tirée à 140,000 exemplaires, est donné en supplément :'t bon nombre de journaux politiques qui, tous, publient également des œunes littéraires. 1' 1lais nous Yoilà arrivés à la grosse question qui a beaucoup occupé les esprits : Comment doit être compris le feuilleton socialiste? Quels ouvrages doivent y trouYer place et, las/ 110/ least, qu'ayons-nous :'t attendre de l'art soi-disant moderne, <le l'art naturaliste? Au premier abord il semble que cette question ne puisse avoir qu'un intérêt secondaire pour un parti qui se trouve en pleine bataille politico-économiquc. Il n'en est rien : le fait que ses journaux sont sa propriétc met le parti ouHier en état de répondre mt:me aux aspirations esthétiques des lecteurs. S'il laissait échapper ccm.: occasion de faire goùtcr aux travailleurs ks meilleures productions littéraires, il ncgligcrait un coté important de l'..'.:ducation ocialistc. C'est cc qu'ont compris les représentants du prolétariat et de L't les longs et vifs débats au dernier congres de Gotha sur l'Art et le Soci11lis111e. Faute de place nous ne pou\·ons pas retracer ici cette discussion, qui d'ailleurs n'a point épuisé le sujet et présente pcn d'intén'.:t au point de Yuc théorique. De Li diYersité des opinions émises s'est dégage quelque chose comme une premiére opposition contre le naturalisme cru qui, Yenu de l'étranger, a trouvé des apotres zélés dans le pays. On a été d'accord sur le fait que l'art nouveau, qui puise ses sujets dans les réalités sociales, r.'.:pond en somme mieux :1ux besoins et aux aspirations de )\:poque actuelle que la littérature facile et superficielle dont les Paul Heyse, les Frcitag, les Spielhagcn et tant d'autres furent en Allemagne les champions. i\lais une aversion trés dcclan'.:e s'est manifestée en même temps contre certaines descriptions qui se plaisent dans les extrêmes en défigurant la Yérité qu'elles prétendent retracer, en un mot, contre les exccs du naturalisme et contre l'esprit de décadence qui s'y réfugie. La grande difficulté pour le parti est donc la difficulté du choix : oü troll\·cr les œmrcs qui soient à la fois modernes, c'est-à-dire sociales, et réconfortantes, c'est-à-dire hum:rnitaircs dans leur but en restant Yraies dans leurs formes d'expressions? C'est des romans socialistes qu'il nous faut! déclarércnt des orateurs bien intentionnés, et quelques publicistes du parti, non moins bien intentionnés, mais ccdant trop à leur prédilection pour les formules rigides de l'économie politique, sont allés jusqu'à demander dans leurs articles du « marxisme dramatisé », genre d'art dont il est difficile Je se faire une notion nette et claire. L'art socialiste proprement dit est encore à l'état embryonnaire en Allemagne. Caché dans les replis du naturalisme de nos «modernes», qui eux-mêmes n'ont pu encore s'affirmer que par une seule œuvre

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==