230 LA RE\'lJE SOCIALISTE merveilleuse qui communique de la chaleur:\ cette correcte et savante composition. De ;,_[. ,\lex. Georges, le po<'.:mc symphonique d'Axi,-1, exécuté il y a trois ans, avec le beau drame de Villiers de l'Isle-Adam, à la Gaité et au Thé1trc de l\1ontparnassc, a été aussi fort goûtée en ses trois parties: le 1vfo11dreligiwx, le M()11dteragiq11e, le _\fv11dp1a' ssio11J1e!; et le duo de Beatriceet Bé11édict, cc nocturne adorable, supérieurement interprété par l\[11 c, J. Passama et Éléonore Blanc, qui l'ont chanté avec beaucoup de sentiment, a charmé sans restriction tout l'auditoire. M. Lamoureux a fait sui\'re aYcc raison le dernier couplet d'un long passage d'orchestre qui en est-à tort- presque toujours supprimé et qui, cependant, y étant indissolubkmcnt uni, en complcte le sens logiquement. Quand donc l\l. Lamoureux pourra-t-il faire réentendre à la scène cc délicieux opér.1-comique de Berlioz, qu'il dirigea si brillamment, en juin 1890, pendant plusieurs inoubliables soirées, :'i l'Odéon? Tout n'.:ccrnmcnt M. Lamoureux a fait exécuter trois fois le 1er acte de Briseis, l'opéra inache\'é d'Emmanuel Chabrier, qui mourut il y a deux ans, peu apr.'.:s le succès à Paris de cette Gwe11dJ!i11e (1886) dont l'ou\'erture a été applaudie au Cirque, ainsi que la brillante et la cdèbrc rhapsodie Espa11a (1883). L'action de Briséis (poi.:me d'Ephraïm l\!ikhad et de l\1. Catulle l\!endès) se passe au premier siècle du christianisme. La religion nouvelle est en lutte :wec le paganisme finissant : je ne sais quelle est la conclusion du drame, m:iis il me scinble qu'elle doit 0tre plutot en faycur du dernier. Briscis, païenne, fille de Than:isto, chrétienne, aime le jeune Hylas; sa merc, qui \'a mourir, Ycut la convertir i la foi nounlle et la confie ù un jeune catéchiste, la forçant à abandonncr Hybs. Cc premier acte se termine donc par la Yictoirc du chistianismc. Sans ouYerture ni prélude, il dcbutc p:ir un chœur gracieux des matelots sur la nef d'où dcsccnd 1-lylas. La scéne sui\'antc, entre les deux amants, contient de beaux élans de passion, soutenus par une orchestration brillante, souvent trop bruyante, où passent des réminiscences wagncricnnes; le chant de Than:istô (scéne III), de Thanastô qui se tord de douleur, d'un tout autre caracterc, respire L1 foi ardente des néophytes, mais celui du catéchiste, d'abord sans accompagnement, graYc comme le plain-chant, est admir:iblc de simplicité fruste et d'enthousiasme de martyr. L'antithèse, dans cette dcrniérc scenc, est fort habilement marquée, cntre les deux religions, comme entre les deux sentiments qui déchirent le cœur de Briséis, l'amour d'Hybs et la piété filiale. L'execution de Briséis a été rcm:irquablc de la part de l'orchestre, des chœurs et des artistes : Mmes Chréticn-Vaguet, Éléonore Blanc, MM. Engcl et Ghasne; M. Nicolaou a seul été médiocre.
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