La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

1..-\ RE\'CE SOCl.-\1.ISTE Il est .1IILplus loin uicon:, lorsqu'il a montré Li jeune fille non seukment repnuss,lllt l'homme riche qu'dk n',1i111epas pour epouser le pauYre qu'elle aime, 111.1iesncore se Jonnant à celui-ci en Jehors du mariage légal, proclarnant ainsi qu'elle possédc la libre disposition de s,1 personne et creusant un abime in(ranchissable entre elle et l'hornmc qui wut l'épouser en dépit d'elle-même. Et cette conduite, trés noble, comporte un certain héroïsme, car il est dur pour une jeune fille élc\'éc dans la bourgeoisie de br,1Yerles préjugés qu'on lui ,l inculqués dés son enfonce. Le monde honorcr,1 l:11 dfct celle llUi se serait \'cnduc sans amour,\ l'hornme richL:dan'> un mari.1ge régulier; il scr.1 impitoyable pour celle qui se scr.1 li\Téc sa:1s mairie ,lu jeune homme librement choisi par clic. C'est cette Liche mor.1lcqu~ Gerin.lin .1flétrie ém:rgiqucment. Sa picce est d'ailleurs non seulurn:nt forte, mais érnouY:intc; elle est en même temps légcrc L:tspiritudk dans les passages comiques. C'est une œu\Te ,\ la foi-; aim,1ble L:t.1udacieuse. QuatrL: petits actes pour finir. La 1'101/cdel,·,.,-c de :-.1. Louis Dumur est une piécc symboliquL: sig11ifi,111tj,e crois, que nous succombons parfois accablés par le fait des choses qui nous ont le plus séduih et .rnxquellcs nous nous sommes le plus fanatiquement attachés, tel cc Yoyagcur, chassé de sa patrie par la guerre et qui a emporté aYcc lui une motte de sa terre natale; un jour il finit par être écrasé sous cette terre bien-aimée, deYcnuL:trop lourde pour ses bras .iffaiblis. La leçon profite ù un jeune amoureux qui, a\'Crti par cet exemple, repousse une jeune fille coquette et Yaine à laquelle il allait se lier pour toujours et dont le caractcrc impérieu:-: aurait fini par faire son malheur. La .\folle de terri· rcnfcrml.'.un beau passage sur la guerre. La Comédie fr.rnç,1isea joué deux pl.'.titspro,·crbes de :.1. P.1ilkron; ils sont destinés ù prou\'er qu'une femme peut retenir son mari aupn'.:s J'dle, suiYant les cas, tantôt par une diplomatie aimable et tendre, tantot par le piment de quelques scènes désagréables. L'ounagc est fade, sans grke, aYec des plaisanteries d'un goùt sans finesse. Eh quoi, deux actes pour ces niaiseries! :-.1. Pailleron, qui posscdc une certaine YerYcs,ltirique, pouvait et deYait l'exercer contre nos petits traYers qu'il sait si ~cntimcnt caricaturer, U où la profondeur n'est pas nécessaire. Allez, .Ucssieurs ! est une bouffonnerie trcs amusante où Tristan Bernard a fait du du!f! une caricature énorme en montrant tres bien k ridicule de cette coutume ~tupide. GASTO>I STIÈGLER.

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