La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LA PROPRIETt rotALE tant qu'intcrmé<liaire (toute disparition d'intermédiaire n'est-clic pas un progrt.':s !) et s'.est bravement substitué aux chefs d'exploit:uion dont il a,·ait été jusqu'à présent le banquier. L'opération de banque est devenue pour lui subsidiaire. 1 c croyons pourtant pas qu'il y renonce, ni qu'il l'accomplisse ù regret; car, telle quelle, clic donne des bénéfices appréciables, surtout quand clic est privilégiée. Elle est pour lui un moyen Je domination et de conquètc dont il n'a garde de se dessaisir; aussi le YOit-011tenir l'organe national du crédit, la Banque de France, et mettre tout en œuvrc pour n'en être point dépossédé. Non qu'en cllcs-mèrncs et dans leur masse les opérations de banque soient productiYes d'un profit plus éleYé ou plus certain que les opérations industrielles; mais clics permettent au capitaliste de fayoriser ses opérations industrielles et mettent ses concurrents à sa discrétion. Déjà, on le Yoit guetter la grande propriété terrienne, que défendent énergiquement par des moyens politiques les non-possédants à peine sortis du servage antique; le grand secret de l'agitation antisémitiqÎ.1c est dans la lutte entre le capital immobilier qui se met en garde et le capital mobilier, qui ayant bientot ache\'é b conquètc de l'industrie et des transports, s'apprètc :i conquérir l':-1griculturc. :-lais les primes i la production agricole, qui ne peuvent d'ailleurs profiter qu':i la grande propriété, ne sont ni extensibles :i l'infini ni éternelles. Pour cc qui est de la petite propriété rurale, on sait quel gage a déjà pris sur clic le capitali~mc, au moyen du crédit, dcven u un instrument Je dépossession systématiq uc. Est-cc par le déYcloppcmcnt de ses propres rorccs que 1c capitalisme a réalisé cette puissance? Ses trois plus formidables moyens d'action, il les tient directement de la nation ù qui ses représentants les ont concédés : le crédit, les chemins de frr, les mines. C'est l'Éut qui lui permet de dominer dans l'État, d'y constituer cc qu'on a pu appeler avec raison la [éodalité moderne; simple intermédiaire ù l'origine entre l'Etat et ses cré:rnciers, c'est de lui que l'État est ù présent le débiteur; mis à même, par son caractére multiple d'in<lustricl et de négociant, de concentrer les denrées et de fabriquer les produits, il dc,·icnt nécessairementie principal fournisseur de l'État. De lui, c·cst-ù-dire de la collccti- ,·ité, le capitaliste tircù la fois s011capital et son revenu. Cc n'est donc pas par la libre concurrence, mais par le monopole, que le capitalisme s'est formé et développé, et l'histoire du capitalisme se développant par le libre jeu des forces économiques est à mettre au panier i coté du rabot et de la scie de Bastiat. En réalité, il en est de mèmc dans toutes les manifestations particulit.':rcsde la vie _sociale.Trop souœnt l1uiconqm.: demande la liberté, sous-entend la liberté pour lui contre autrui. On peut dire que le capitalisme a amplement joui de la liberté. Il Yade soi que le capitaliste étant le plus propriétaire des hommes, ,

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