La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LEÇON FAmUÈRE DE SOCIALIS~IE 20 C nous dc\·ons vouloir, cc n'est pas le règne de telle ou telle classe; c'est un ètat social oü la bourgeoisie deYicnne peuple, comme la noblesse est jadis dcYcnuc bourgeoisie. N'ayons pas de parti pris contre le socialisme. Il faut les redouter ou les plaindre, ceux que nous entendons en mèdire. C:ir cc sont des intèrcssès hypocrites qu'il faut combattre; ou bien, s'ils sont sincères, ils sont de ccux-1.'t dont Jèsus disait: « Pardonnez-leur, car ils ne s:iYcnt pas cc qu'ils font. » Il faut aimer au contraire qu'on vous explique le socialisme. On n'a pas le droit de le mèpriser sans le connaitre; et quand on le connait bien, si l'on est sincère, on l'aime. C:ir le socialisme est logique, juste, moral, humain. C'est l'avenir du peuple. Le jour oü tous les hommes d'intelligence et de cœur le connaitront, il sera acccptè. Son établissement immédiat et complet sera inévitable. i\!ais, en attendant cette transformation profonde, un dcYoir s'impose à ceux gui la désirent. ;'Jous dc\·ons tendre :'t rendre le plus facile qu'il se peut la transition de l'èt:it actuel à l'état futur. Plus la rcalité se rapproche de nos principes, plus clic est juste. 1 e pouYant réaliser la solidarité d:ins la société tout entière, poursuivons-la du moins dans les communes et d:ins les professions. Associons-nous, entendons-nous, instruisons-nous. Groupons, chaque fois gue cela est possible et peut être efficace, de petits c:ipitaux, non pas pour spècukr, mais pour nous passer des spéculateurs. Nous n:ndrons nos bcttcraYes, sans doute. !\fais nous devrions cherch cr le moyen de les garder, pour en retirer autant de produit que possible. Faisons cela; faisons encore autre chose. Supprimons, entre le tra\·ailleur qui crée et l'acheteur qui utilise, tout intermédiaire commercial aux fonctions onéreuses et inutiles. Constituons des socictés coopératives non seulement de production, cc que le capitalisme actuel rend parfois délicat et difficile, mais aussi et surtout de consommation, cc qui dépend seulement de notre volonté. Oui, tkhons de nous suffire :'t nous-mêmes de plus en plus. Secouons, petit à petit, le joug de la spéculation et de la fraude. Celles-ci y perdront. Mais la probité, l'hygiène, notre intérêt et la justice y gagneront sùrcmcnt. Et nous nous familiariserons ainsi peu à peu avec les aspirations nouYelles, avec l'avenir social que nous dcYons désirer, et que nous redoutons quelquefois parce gu'il nous est mal connu. Toute force est en nous. Mais ne la livrons pas imprudemment à des amis perfides. Recherchons cc que nous devons vouloir, sachons cc que nous voulons, et ceux qui le voudront également seront nos vrais amis. Donnons à eux seuls nos suffrages aux jours d'élections. Leur pouvoir sera le nôtre. i\IATHURIN PLANTON.

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