La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

UN ÉCONOMISTE SOCIALISTE : ~!. LÉON WALRAS Ij 5 exercée par des individus égaux. Dès lors clic est fondée à compter et mesurer, à ctablir des rapports, à calculer des nrnximn; elle est fondée à rechercher par l'analyse mathématique la solution des problèmes gui lui sont propres; elle est fondée à représenter par des courbes les variations des grandeurs qu'elle considère; les équilibres économiques acquis se pourront constituer en Yraics égalités; les équilibres économiques cherchés se pourront constituer en naics équations. De ces éléments abstraits homogènes, encore très complexes, M. \Valras abstrait encore et choisit, pour commencer par eux, des éléments homogènes simples, premiers, tels que d'eux se puisse en fait Mduirc et qu'a,·cc eux se doiYe en droit construire toutr.: la sèric des éléments homogènes seconds de plus en plus complexes. Sc proposant, par exemple, d'étudier la richesse telle qu'elle est, M. \Valras la con~idérait comme étant, sinon constituée, du moins représentée en quantité par l'ensemble des Yalcurs; pour étudier les Yaleurs telles qu'elles sont, il admettait que ce sont les seules conditions Yariablcs des échanges et gur.:, par conséquent, les lois invariables de l'cchange étant connues, le calcul dr.:sYaleurs s'en pouYait directement déduire; pour étudier les échanges, il choisissait le plus simple de tous, le troc de deux marchandises entre deux troqueurs. Alors et ainsi pouvait commr.:ncer !'Économie politique pure. C'est encore ainsi gur.:, se proposant d'étudier la société comme clic doit être, M. \\'airas la considerc comme étant une personne morale constituée par un ensemble d'indiYidus qui sont, eux aussi, des personnes morales, autant de pr.:rsonnes morales, autant d'unités morales irréductibles, r.:tl'Economie sociale peut aussitôt commencer. L'Economie politique pure commencera donc par étudier le troc et la nleur de troc. Pourront seules a,·oir de cette Yaleur les marchandises gui sont à la fois utiles et limitées en quantité. Cette Yaleur sera fonction dr.: plusieurs ,·ariables qui se réduisent en derniérc analyse à deux : la quantité de la marchandise et le besoin du marchandeur. Cette valeur, a son tour, sera condition variable du troc, mois elle en sera la seule variable, et ainsi, étant donnés un troc et la loi i11Yariable du troc, si nous sayons combien ,·aut l'un des deux troqués, nous pourrons en infé!·er directement la valeur de l'autre. • Quelle est donc la loi inYariable du troc? . Selon Stanley Jevons, chacun des deux troqueurs « prend » sa « décision de façon à SC procurer la plus gra11deSOI/li/lpeossiblede snlisfaction de ses besoi11s » (1). « Le troc jcvonien est donc une opcration par laquelle les deux troqueurs portent la satisfaction de leurs besoins au maximum compatible aYec la condition que l'un offre de sa mar- (1) Page 208 (Théorie de la propriété).

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==