LA COLONISATION SOUS LA TROISIÈ~IE RÉPUBLIQUE 155 LA COLONISATION ' SOUS LA TROISIEME , REPUBLIQUE (Suite) V LA COLONISATION ET LE RÉGIME PARLDIENTAIRE La socil'.:té contemporaine cache soigneusement ses plaies; comme elle sait que chacun de ses actes dl'.:nonce les \'ices de son organisation et qu'à trop montrer leurs exigences, les classes dirigeantes hâteraient leur effondrement, elle affectionne les manœuvres équiYoques et les déclarations ambigui.:s. C;est sous le couYert du bien public qu'elle entend servir les inté"i-êts pri,·és; c'est au nom des souffrances de l'industrie et de l'agriculture que les grands viticulteurs et les grands usiniers ont réclame jadis les tarifs protectionnistes. C'est soi-disant encore pour sauvegarder la prosperit6 nationale que les coloniaux sollicitent des cr6dits des Chambres. Mais ils n'ignorent pas que de semblables assertions ne sauraient supporter l'examen, et que la pleine lumiere en ferait aussitot justice. Laveleye l'a dit avec raison: l'expansion coloniale n'est pas compatible avec le ;rcgime parlementaire. Quelque imparfaites que soient nos institutions politiques, elles comportent un controle, une surveillance de l'opinion, trop actifs, pour que nos gouvernants ne tentent pas de passer outre aux règles constitutionnelles et aux discussions sinceres. On conçoit que les divers ministéres qui se sont succedé depuis 1881 aient tâche de soustraire aux représentants du peuple la connaissance des affaires coloniales. De parti pris, ils les ont tenus à l'écart, ils leur ont menti dans l'exposé de leurs programmes d'action, - menti dans leurs promesses de pacification, - menti daus le développement de leurs moyens financiers. Jules Ferry, de tnême que le promoteur de la colonisation italienne, Crispi, aimait les expèditions de vacances qui engagent à peu près
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