La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

6 1 A llEYCJI SOCIALISTE ses conll.:rnporains, 111:iiesncore ks générations qui _11;1itrondt'eux: Cet inn·ntcur mort il , a cinqu:1ntc ou cent ans, contnblll: encort: :lUJOUrd'hui .i c~mtituer ·unt: propriété .i unt: infinité de gens. Ceux-ci prétendront-ib qut: si l'in,·cnkur n'a,·ait pas existé, ib scr:iicnt quand mL:m.: propriéuircs du nutérid industriel qui ks f,1itYiYrt:?~•y a-t-il pas d,tns cc nutéricl une part soci,1k donnée :i tous p,u-k génie inventif d'un seul Ll que dl's p.1rticuliers utilisl'nt :'t kur profit? Allons plus loin; cet in,·L'11tu1rne fut-il p.1s lui-même un produit soci,11?PouYait-il naitre i11différL·ll1111L'nt .i la TL·1-rede Feu ou en .\nglcterrc, :iu E.1mtch:itb ou en Fr.111ccd, ans une tribu s.1u,·a~c dénuée dc tous :irts et de toute in,lustric, ou dans une ci,·ilis.1tio11riche d'acquisitions intclkctuclks et indmtricllcs plu-;il'ur" CL'ntainc, de fois séculaires? Les philo,ophL', du dix-huitiéml' si0cle et les homml's dl' Li Rérnlution qui s'inspin::rcnt de kurs écrits o:H trl'.:snettement scnti que l.t propriété est une création sociale. Tout en la décLu.rnt il1\iol,1blc Lt inalién:ibk sans k conscntemcnt de son posst:sscur, ils arrêtt:nt à s.1 mort 1c plein exercice dl' son droit dc propriété. :-.lontcsquicu dénic .'t b loi k pournir dc pri,·er quiconque dc s:i propriét0, nuis il dénie .i quiconquc 1c pomoir dc disposer absolument dc b dcstin:ition de sa propriété :iprcs S,l mort, l'i il aflirll1l' ,\\"CC force quc la loi rcglc les successions au mieux de l'intérêt public. Cc pouYoir reconnu à b loi, toujours clic l'a cxu·cé, ct, sans p,1rlcr de-; Etal'i despotiques oü, tout sujet étant censé tenir :'t fief sa propriété le sou,·er:iin est censé êtrc l'uniquc héritier ck tous les morts par k retour à sa pcrrnnnc dl'.s biens qu'il :1,,1itconcédt'.:s ,lllx ,·iyants, clic :1 tnujours r0glé l'ordre dcs sucCl'ssions sur la p.1n que les membres de l:1famille ét:iicnt crnsés .woir prise .'1 la form,1tion ou .\ l',1ccroissl'.t11L'ndt e la propriété dcYcnul' ,-.1c;111tpL,1' r 1.tmort de son titul.1irc. ,\ux époques OLI la f.1milk est fortement groupt'.:c autour d'un chd l'.t oi.i clic forme un tout (·conomiquc indi\"isiblc, ,i l'cntrctil'.n et .i l':iccroisscmcnt duquel tous st:s mcrnbrcs sont tenus ,k coopérer, la propriété ne peut êtrc displ'rs0e entre chacun de scs membres et l'on Yoit réo-ncr 1c droit d'aincssL'. ::, LorsquL, p.ir h di, ision sociale du traY,1il,chaque mcmbrc de la famillc dcYicnt un product,:ur autonomL, lorsque la Luuillc ccsw d'êtrc un tout économique se sufli.sant ù lui-même 1c parta,rc éo-,il :ittribue .i ' ~ ::, chacun des hcritiers dirccts. aux collatéraux si les héritiers directs font défaut, ks moyens d'existence lai,sés par 1c mort; il n'y a alors ,rncun inco1wénil'nt :iu p.irtagL du hicn familial, car il n'l:st plus comrnt.: :'t l'origine 1c domainL· imliYisil,Jesur lequel , iYait la famille ct dont 1c prupriét:iin.: ét,1it une sorte dc chcf du tr,1Y:1il.Il 11 'est p:is injustt: ,l'.11lirmer ,1uc dans Li famille, telle qu'clle est constituéc aujour,l'lrni, ks collatér,1ux nL' contrihucnt en ricn ù la formation ou .i la consl'rY,ltion d'u111.pr()priété qui pcut leur échoir, et il n'cst p:is témérairc, p,1rcon-

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