LA RE\'üE SOCIALISTE le seul obsuclc à la rbli~:ttion de son idéal. On ne peut ccpcnd:tnt s'empêcher de constater que si les lois, protectrices et conscrY:ttrices Je la propriété, ne laissent pas impuni le Yol même d'un p:tin d'un sou, elles montrent moins de sé,·érité à l'égard de certains moyens d'acquérir de Ll propriété, bien que ces moyens, non prén1s p:tr le code ci\'il, soient quelquefois ,·isés p,1r le code pénal. ;..1aisil faut que ceux qui se permettent d'employer de tels moyens aient déj:t assez de puissance pour pouvoir traiter sur le pied d'égalité an:c ceux qui représentent la société et ses s;1U\'cgardesde b propriété et, :tu besoin, les tenir,\ leur merci. Ilcn résulte sans doute un grand dommage pour les gens que ces moyens dépouillent de leur propriété, certaines lois re.coi,·ent aussi de œl:t une Lichcusc atteinte, m:ti\ il faut espérer qu'il se trou\'er,1 quelque jour un penseur :tlllLlcicux pnur démontn:r que les lois ayant pour unique objet d'assurer l'ordre dans Li société, il importL pLu à l'ordre qu'il y ait une infinité de paunes et une petite qu,llltité de riches, mais qu'il importe beaucoup que ccux-L\ n'.1ttentent pas,\ cc que posscde1ll ceux-ci ni ,\ cc que ceux-ci ont laissé;\ ceux-Li, qu'en conséquLncc, et pour ne pas entrainer toutes les lois dans le discrédit dont l'opinion frappe celles qu'on 11'.1pplique point, il \',lllt mieux ,1brngcr ces dernil'.:resqui mettent un frein, d'.tillcurs déri,oirc, à l'enrichissement des plus riches. i\Liis les dépossédés et les non-possédants seront inaccessibles à cc r;tisonnernrnt, il y a tout lieu de le craindre. Ils uniront leurs regrets et leurs espérances; ils se diront que toute<; les institutions sociales sont sujettL:sà examen et à discussion, que la propriété n'est pas une institution ll'une essence particuliérc et supérieure, et que, le fùt-elle, son c,1r.1ctl'.:rdc'institution diYinc constituerait à plus forte raison des droits sur elle à tous les êtres humains, enfin que si la violence Lt l.t ruse ont crcé un domaine fermé où n'ont accès, sous la protection dl:s lois, que certains privilégiés, la raison peut établir des lois qui ,1ssuru1t .'tchacun son domaine propre, g.1r.111ticessentielle de sécurité l'l de liberté .• \lors, chez tous ceux qui sünt exclus de l.1proprictl'., Il.' sentiment propriétaire écbtcr;1 aYcc une force incornprLssible, et c'en Sl'Ll fait du priYill'.:gcde b minorité possédante. En \',lin, :'t l'a,'.111t-gardc de ccu\. qui rc,·cndiquent la propriété pour tous, clic nppose .rnjnurd'hui Li 111i11·1b,1lern1él dl:s petits propriétaires du cl1.1mp, de l',1telicr et de la boutique. Rongé$ p;lr l'usure, asscrYis par le crédit, L·xproprics par !'Il\ pothcque, ces prccaires propriét:iircs ne tiendront p.1s longtemps. Ecl.tirés par lui, ils passeront;\ l'ennemi libérateur l't ,oudroht eux aussi jouir pleinemun de leurs droits de propricl.lircs, c.1r c'est surtout pour ces malheureux quL le sentiment dL Li propriété n'est pas autre chose que le scntinknt de la conscr\'ation de kur pain quotidien.
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