LA QUESTION SOCIALE DEVAX'I' LES CORPS ÈLCS 9ï s'en vont apporter aux grandes compagnies de chemins de fer la compétence qu'ils viennent d'acquérir et combattre les intér0ts de l'État au profit de ces mêmes compagnies. D'autre part, les ingénieurs charges du contrôle sont des débutants inférieurs en grade a leurs aines au service des grands seigneurs de la mie ferrée et singulicremen t gênes par suite dans leur office de ,·érificatems et de surYeillants. Ces vérités etaient bonnes :'t dire ou à redire; on peut juger, d'aprés la réponse terne et insignifiante du ministre, qu'elles appartiendront encore l'an prochain au domaine, non pas des réalités concrétcs, mais des espérances et des Yœux. C'est a propos de la discussion du budget des traYaux publics qu'un opportuniste ou un rallié, l\l. Dussaussoy, a signalé quelques faits intéressants et qui confirment singuliérement les doctrines collectivistes. Les compagnit's de chemins de fer répondent pa"r un rcîus aux cultivateurs qui dem:indaient des ,yagons pour le transport à la fabrique de leurs bettera,-cs, guand les sucreries ont donné l'ordre aux compagnies de cesscr les transports; à tel point que lorsqu'un cultirnteur yeut avoir du matériel le chdde gare commence par lui dire: Apportezmoi un ordre du repn'.:sc:ntantde la fabrique et je pourrai \'Ous donner des wagons, sinon défense :1bsol11ed'en mettre un seul :'t YOtrc disposition. Les administr:ltcurs des Yoics fcrrc'.:escherchent ù se justifier de cet abus et de cette partialité c11faveur des puissants fabricants contre les paysans, en déclarant qu'on suspend en effet quelquefois les expéditions, mais uniquement a cause de l'encombrement. Cette défense est mall\·aise, car les compagnies peu,·eut suspendrc les expt'.:ditions quand il y a encombïcrncnt par suite de causes majeures et fortuites; dans le cas ;,ctuel, l'encombrement résulte de l'insuffisance Youlue du matt'.:ricl, puisqu'il s'agit d'un trafic prt'.:H1se reproduisant chaque année d'une façon réguliére. Cet abus est le n'.:~ult:itd'une entente des compagnies et des industriels contre les paysans. Le fabricant de sucre retire de cette combinaison un trc:s grand aYantagc: il 11',1 pas à faire des frais d'aménagement pour emmagasiner et conserver ses marchandises. Si les conditions du marche des sucres ne sont p:1sen sa faveur, il peut se soustraire aux clauses de ses cornpromis aYec ks culti\'atcms, en retardant la li\Taison des betteraves. Or plus la linaison est retardée, plus la marchandise perd au poids; moins le fabr!cant aura ,i. payer ù la culture. L'cxccs de froid ou d'humidité rend quelquefois la betterave impropre à la sucrerie. Les risques de la conscr\'ation restent donc à la charge du paysan exclusivement par le systeme de la livraison systématiquement retardée. Le gros industriel, grùcc ù l'appui des détenteurs des \'Oies ferrées, se soustrait ù une partie des risques t 0lc son industrie qu'il rejette charitablement sur les épaules du petit cultÎ',ateur. ï
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