La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

I.A RE\'CE SOCIALISTE La discussio11du budget des traY;1uxpublics a été i11augurée dans la séance du 3 dl'.:cembre par un discours intén:ssant et judicieux du citO\Tll Bnurrat, le nOLl\'eau dl'.:putl'.:ra<lical-soci.1liste de Perpigna11. D'un ton aisé, simple, d'u11style prl'.:cis,Bourrat a présentl'.: des observ:nions tn:s justes. Critiquant le mode de distribution et d'emploi des agents de'.->tr,n·aux publics, il nous a montré le jeune ingl'.:nieur sortant de !'École polytechnique et de l'tcnle des ponts et chaussées tout bourrl'.: de hautes mathl'.:rnatiqucs et tombant de ces hauts sommets thl'.:oriques ;i la direction pratÎlJUCet bien ndg;1ire <le traYaux d'empicrrement des routes qu'il 11ccon11ait poi11t. '.'\c YauJrait-il p,1s mieux imposer ;t ces messieurs, des leur sortie des l'.:coles, un stage de deux ou trois ans sou~ les ordres d'i11génicurs ayant acquis la compétence pratÎlJllc dans e<.:straY:iux? :\lais il y a mieux : le jeune ingénieur s'cst forml'.:aux frais et au détriment de l'État. ~aturellcment il con1uit trcs bien le scrYicc <les routcs; :lll bout de trois ou quatre :rns, on l'c1woic dans le scn·icL de Ll construction et de la rl'.:paration des ports qu'il ne connait pas et qu'il apprendra peu:\ peu en comrnctta11t quelques erreurs coùtcuscs. Plus tard enfin, on le dl'.:placeraencore et on l'cnYcrra dans les chemins de fer, où il recommencera unc troisicrnc éducation. Les compagnies de chemins de fer, au contraire, spécialisent leurs agents; clics mainticnncnt leurs ingl'.:11ieursdans lcs serYices pour lesquels ils sont compétents. C'est bien en effet la seule maniere raisonnable de procl'.:der. Il faut ;1u<;sdi imi11uer le 11ombredes ingl'.:nieursparce qu'ils absorbent:\ eux seuls 30 °/odes frais de direction. Une maison de commerce qui dl'.:pcnscrait 30 °/0 de fr.1isd'administration ne tardcr;1it pas:\ être en danger. Il faut donc opérer des réductions de personnel en procédant par extinction; l'an passé, la Chambre aYait '>uppriml'.:un emploi de chef di: diYision et un emploi dl. bibliothl'.:cairc. Les bureaux n'ont pa, obéi aux dl'.:cisionsde la Chambre qu'ils dédaignent supl'.:rieuremcnt. Bourrat montre ensuite la nl'.:cessitl'd.:e compll'.:tcr notre rl'.:seau de chemins de fer, en tcrmin,lllt .i ,·oie larrrc les li,rnes qui 01it l'.:téainsi ~· ~ commencée'>. :\l,1is il con,·icnt d'établir :\ \'Oie l'.:troitc les lignes nou- ,·clles; en effet le kilometrc de \'Oie l'.:troitecoùte 50,000 fr,111c,s. cnmpri-; le matériel, ks frais d'l'.:tahlissernent, etc.; le kilomctre de \'Oie 11ormalc coùtc .\ l'État 300,000 fra11csp,1r kilometre. ,hec Li méme somme, on peut construire soit un kilometre de Yoielarge, soit six kilométres de chemin de fer sur route :\ \'Oie l'.:troite. Autre critique sOLl\'ent rcnouvcll'.:c et restée lenre morte! Les ingenicurs de-; comp,1gnics de chemins de fer sont souYcnt dcs ingl'.:nicurs de l'Etat en congl'.:,arriYes ù un grade l'.:lc,·I'.:c: lucun d'eux, ainsi que le prou\'e Bourrat, a coùte à l'Etat 21,000 francs: chacun d'eux a fait son apprentissage .1u scn·icc et ;\u dl'.:triment de l'Etat. C'est juste au moment OLIils pourraient rendre à la nation de rl'.:cls serYiccs qu'ils

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