La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

REVUE DES REVUES 77 REVUE DES REVUES Philosophie et Littérature La conférence que M. Henry Bérengcrapubliécdansl'Ar/et ln Vfr sous cc titre : la politiq111d'e Ln111arli11el les gé11eratio11s1011velles, renferme un certain nombre de vues intéressante:., dignes <l'attention tant par elles-mêmes que par l'importance particuliére que semble y attacher l'auteur, porte-parole, affirme-t-il, de toute une génération. Scion M. Bérenger, « un divorce de plus en plus injurieux sépare depuis quarante-cinq ans, dans notre pays, la politique et les lettres, la pensée et l'action »_. Rappelant le souvenir des Chùtcaubriand, des Lamartine, des Hugo, des Guizot, les candidatures d'ailleurs infructueuses des Balzac, des Vigny (il eût pu ajouter Dumas, Suc, Renan et tant d'autres), il se demande quelle fut l'origine et à quel temps remonte la rcsponsabilit6 de cc divorce consommé depuis lors entre la pcns6c et l'action. Il l'attribue <l'abord :'t la génération du second empire, << saturée jui:qu',\ l'écœurcmcnt d'une époque oi'.1 la ploutocratie et le militarisme corrompaient le sang vital de la France», ensuite et depuis lors ù la génération politique de la troisiéme République, qui cimenta l'alliance de la ploutocratie et du parlementarisme, remplaçant les abeilles par le bonnet phrygien sans changer les tunes, et contiouant plus que jamais la politique des affaires, tandis que la littérature revendiquait l'art pour l'art. Ainsi séparées, la politique est devenue un métier, tandis que la littcraturc en est devenue un autre. Toutes deux y ont perdu. L'une a eu Panama, l'autre les Demi-Vierges. La France perd son autorité morale et tend à perJ,:e sa supériorité intcllcctucllc. Au nom de sa génération, M. B6renger proteste contre « cet infüme divorce <le la pensée et de l'action »; il affirme que c'est son honneur « d'avoir osé restaurer dans le pur diamant de son unité la rc\igiof1 de b vie intérieure ». [l

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