La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE d'œun-c, c'est-à-dire le salaire, est un élément important <lu bon marché de la production allemande. S'il était nai que l'inférioritc.'.:des salaires dût c.'.:trcinYoquc.'.:eo,n ne s'expliquerait guérc comment le <léYeloppcmcnt industriel de l'Allemagne a pu surtout prendre son essor au cours des Yingt dernicres années, marquées par un rcleYemcnt considc.'.:rabledes salaires, une n'.:duction gc.'.:nc.'.:rdalee la journec de tra\'ail et un ensemble d'obligations impos~cs aux industriels par les lois ouHiercs - obligations si lourdes, que les industriels français s'indignent à la pcrspcctiYe de les assumer un jour. L'c.'.:conomiste Lujo Brentano, dans une série d'c.'.:tudcsremarquables sur la rc.'.:percussion des salaires dans les frais de production, estime, au contraire, que c'est;\ l'amélioration des conditions du travail que l'Allemagne doit la rc.'.:alisatiodne ses progrés économiques. Et si je ne puis ni'étcndre ici sur cc point, je puis tout au moins repousser la tcntati\'e d'explication qui inrnquc l'infériorité des salaires allemands, puisque le progrès de l'industrie allemande a coïncidé a\'cc les améliorations des conditions du traYail, tandis que ces conditions restaient stationnaires en France. Il me parait que l\1. Schwob est passé bien prés de l'explication plausible, quand il signale l'esprit admirable d'initatiYc industrielle à l'affùt des perfectionnements de l'outillage, les efforts laborieux de ses chefs d'industrie, étudiant en commun les nécessités du marche.'.:intc.'.:- ricur et extérieur, les accords qui interviennent entre eux et les administrations des chemins de fer, toujours prêtes à rechercher les moyens de faciliter la production, les travaux importants et de tous ordres, flu\'iaux et autres, exécutés en ,·uc de multiplier les moyens de transports et de communications. Si M. Schwob avait insisté sur ces diYerses manifestations du remarquable esprit de « solidarité raisonnée dont, d'accord avec l'État, les industriels allemands ne cessent de fournir le témoignage» (1), il aurait YUque, de l'autre côté du Rhin, il existe un ordre de choses c.'.:conomiqucqui fait absolument défaut en France. D'abord, un État qui n'est pas, pieds et poings liés, à la discrétion de féodalités financicrcs maitresses des moyens de transport, administrant nos chemins de fer au mieux des intc.'.:rêtsétrangers quand clics y trouvent leur compte, organisant parfois clics-mêmes la fraude, comme la preu\'c Yicnt d'en être faite aujourd'hui 5 décembre pour la Compagnie du Nord (2). Cet État, qui ne subit la domination sociale d'aucune coterie financière, a merveilleusement doté le pays d'un réseau f!uyial, il est maitre des chemins de fer, de l'ensemble des (1) Rapport d.: notre chargé d'affaires a Berlin, M. Soulangc-BoJin, cité par 1!. Schwob. (2) Voir le discours prononcé par i\I. Lévccque, d~puté de la Somme, sur les tarifs frauduleux usites par Li Compagnie du Nord, Je 1890 ,\ cc jour (séance du 5 dé,cm• bn: 1896).

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