REVUE DES REVUES 731 * * * Le Da11gearl/el/la11d est la réunion d'une suite d'articles publiés dans le Phare de la Loire et consacrés à l'étude du déYeloppcment industriel et commercial de l'Allemagne. M. Maurice Sch,Yob montre, avec une force d'argumentation saisissante, le danger que courent l'industrie et le commerce français, éliminés sur tous les marchés par la concurrence allemande. Il y a une quinzaine d'annees, lorsque cette concurrence commença à se faire sentir, il y eut dans toute la France une sorte de recrudescence patriotique d' cxasperations anti-allemandes, provoq nées par la méconnaissance des causes de notre décadence industrielle: On attribuait celle-ci aux conséquences funestes de la guerre de 1870-7r. - Le traite de Francfort, disait-on, était l'instrument forgl'.: par M. de Bismarck pour compléter le Sedan militaire d'un Sedan économique et parfaire la ruine de ce pays. Des années durant, on vitupéra le traité de Francfort, rendu responsable du revirement universel du marché. Puis le jour se fit peu à peu sur les clauses, dont tout le monde parlait sans les connaître. Il fut avéré que les rapports commerciaux institués entre l'Allemagne et la France par l'accord francoallemand :rnraicnt autrement rivé notre pays à notre ennemi, si Bismarck, qui traversait alors une période de libre échangisme aigui.!, n'avait réagi contre les tendances protectionnistes de l'un des négociateurs français, M. Pouycr-Qucrticr. En même temps que la signification et la portée du célèbre article Ir étaient mieux connues, le caractere mondial de la depression économique sous laquelle se débattaient l'agriculture et l'industrie françaises se manifestait mieux également et nous pûmes nous consoler à la pcnsee que si notre production était affecté~ par un ralentissement général, les autres pays souffraient du m0mc mal que nous. Mais la dépression économique, sans disparaitre cntiércmcnt, s'est singulicrement atténuée depuis quelques années et nos échanges ne se sont pas relevés proportionnellement au développement atteint par nos rivaux, principalement par l'Allemagne. Cette infériorité du ctéYeloppement français sur le développement allemand apparaît surtout aYec une brutalité de constatation navrante, quand on compare, comme le fait M. Schwob, la situation respective de l'exportation des deux pays sur les marchés des autres nations. Certes, les progrès de l'Allemagne_ ne menacent pas que la France. L'Angleterre s'est émue déjà de la concurrence germanique partout active, serrant de près ses exportateurs. Mais dans la bataille des produits, engagée sur tous les
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