La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

LA RE\'UE SOCIALISTE REVUE DES REVUES Éconon1ie sociale SO)DIAIRE. - Un Projet de Zolh·erein de l'Europe centrale (journal des tcouomisles); La Francté éliminée du marché uni,·ersel par la concurrence alleman,lc ( Le Da11ger alle111a11d); La Bourgeoisie française et k Zollverein. Il est rare que nous ayons l'occasion d'applaudir aux 1111t1at1ves prises par les cconomistes. C'est que trop de fois aussi le libéralisme des partisans <lu laissez-faire se traduit clans la pratique par le recours aux gendarmes, 11l!imaratio toujours Yictorieusement invoquée pour rc<luire les contradicteurs au silence. Pour qui ne se rendrait pas compte des causes intimes d'un pareil contraste, le tableau de cette fin de <lix-neuvicrne siècle serait singulièrement ahurissant, rapproché des thcories libérales en cours. Imaginez, en effet, le Huron naïf de Voltaire débarquant de nouyeau en France en l'an de grâce 1896. Sec.luit par les aphorismes d'un missionnaire économique qui lui a Yanté les douceurs de la liberté, l'harmonie de l'ordre naturel des choses, les bienfaits que le déYcloppement industriel a répandus à flots sur les bienheureuses populations du continent européen, et entre toutes ces populations, celle de la France, ou l'éYangile de l'économie politique s'est dcfinitiYernent substitué à celui de Jésus-Christ, il a voulu admirer de près notre société d'hommes égaux et libres - libres surtout. Car ni J\1. de l\Iolinari ni J\I. Leroy-Beaulieu, ni M. Yves Guyot dont on lui a appris des sentences ne souffriraient, sans protester, que la moindre entraYc fùt apportée au libre développement des indiYidus et ù la libre défense des intérêts de chacun. Voyez vous d'ici le naïf jeune homme mis à même de contempler le fonctionnement des lois naturelles érigées en dogme ? Quelle stupéfaction profonde serait la sicnne, s'il assistait à une de ces greYes au cours desquelles les ouniers

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