L'HUMANISME INTÉGHAL progrés lui~même; car c'est la femme qui porte l'enfant et l'élé,·c durant les premiéres années, alors que les impressions reçues s'impriment 'indélibilcs. Cc n'est qu'en lui permettant de se développer librement et d'affirmer son individualité que l'homme trouvera en clic l'aide indispensable pour les transformations sociales qu'il rêve d'accomplir. De leur alliance sincère naitra l' Hu 11rn11isminetégral auquel nous conduit le livre généreux que Yicnt de publier M. Léopold Lacour et qu'il dédie « Aux Ouvriers et ÜuHiéres de la Cité future, Cité de Paix, de Lum iérc, de Justice et d' Amour : de bon Travail. Aux Apôtres, Hommes et Femmes, de la Religion d'humanité, de l'H11111rwis111e i tégnû. ii Et l'auteur a raison de préférer le terme d'!)//Jllflllis111e à celui de fémi11isllle qui a un son de clairon sonnant la charge contre l'homme, alors que dans l'esprit <le toute femme intelligente les présentes revendications n'ont pour but que de préparer à la femme les moyens de remplir sa place et sa Ù1che dans l'économie sociale, afin qu'elle puisse • élcYer une race nouvelle ou tous traYaillcront unis dans un réel besoin de fraternité et de solidarité. Dans son liYre éloquent, 11. Léopold Lacour, aprcs nous avoir fait assister au D11eldes sexes artificiellement perpétué, nous améne en une noble ascension aux portes de la Cité/11!11re. Ces deux parties distinctes sont si étroitement reliées que l'on ne peut comprendre la seconde sans avoir lu la premierc. Et l'ardent écri,·ain, par la façon dont il développe son sujet, prouve jusqu':\ l'é\-idcnce que nous n'arriverons à l'humanisme intégral que lorsque la femme aura conquis son indépendance; car« la révolution morale, dit-il, sera l'œuHe, aux trois quarts, du féminin. Pour la révolution économique, il y sera de moitié». Certains socialistes ont tort de dire que la femme doit se contenter d'attendre le triomphe du parti qui leur donnera naturellement et spontanément les libertés qu'elle réclame. Tout d'abord un être humain ne mérite que la liberté qu'il s'l:st montré digne de posséder en luttant pour la conqucrir, sa réYoltc morale lui constituant un titre de noblesse. En second lieu, nos amis oublient les leçons du passé et que s'ils ont, au moment du triomphe politique, à trainer à leur rcmorq ue des femmes dont les ccrYeaux ne seront pas encore façonnés aux idées nouYelles, ils auront des formes différentes, mais non un esprit public nouycau. M. Leopold Lacour montre, au cours de son plaidoyer en faveur de l'humanité elle-même, comment de l'exercice de ses droits, de la noblesse de son individualité conquise naîtra la vr.iie femme et, fleur suprême, la vraie mére, qui, comprenant enfin à quelle sublime mission la nature la convie, ne voudra plus, ayant crcé la vie, permettre la haine, gui blesse moralement, et la guerre, qui achéve l'œuvre de . mort. J. HuoRY-MENOS.
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