SOCIALISTES ET DÉMOCRATES EN ITALIE patriote. Il est resté, malgré ses cheveux blancs, le volontaire <le la révolution italienne. Ici on l'appelle le plus enflammé des hommes de 48. On désigne ainsi ceux qui professent les idées surannées et ont gardé les sentiments de la génération qui prit part aux guerres de l'indépendance. Il est obsédé par une idée fixe, je dirais presque pathologique : Trwfe et Trieste. Les questions s,ociales l'intéressent en tant qu'elles touchent son cœur qui est généreux, quoiqu'il ne comprenne rien à l'essence du socialisme; la république lui sourit comme une aube rosée; mais !'irrédentisme le subjugue, le maitrise, l'opprime . . Comme il appartient à une famille de patriotes (son frére Georges est tombé à Dijon), dans laquelle la haine contre l'Autriche est traditionnelle, il se cabre comme le cheval <le Job toutes les fois qu'on nomme ce pays-là. Interrupteur trcs heureux, il ne sait pas aborder une question en la développant dans tous ses détails; il représente l'impulsivité du parti, tandis que M. Bovio en rcsume la métaphysique, de même que M. Cavalotti le courage, la poésie belliqueuse et hardie. Le plus moderne, le plus scientifique pour ainsi dire, c'est Napoléone Colajanni qui sert de trait d'union entre les radicaux et les socialistes. Étant opposé au collectivisme, il accepte toutefois beaucoup de données du socialisme. - Lui aussi reconnaît que le probleme économique doit être le leit-motiv de la législation actuelle. La Rivista di scienzesocialie politic!Je st vraiment animce par le souffle de la modernité. La discussion des idées socialistes n'y est pas entravée; parmi ses collaborateurs il y en a beaucoup qui militent dans les rangs du parti. Mais malgré, son instruction solide en fait de sciences sociales et politiques, son influence à l'assemblée parlementaire est bornée; et pour le moment, malgré son talent et sa science de la routine parlementaire, il n'a pas reussi à rajeunir ses amis. Chez nous, il faut l'avouer, le programme économique de la démocrntie qui, en partie du moins, est d'accord avec le programme des socialistes, n'a jamais été pris au sérieux. Mazzini, qui tâcha de comprendre (je ne dis pas qu'il ait toujours réussi) toutes les questions qui se débattaient de son temps, tout en se dcclarant adversaire implacable du socialisme qu'il confondait avec le matérialisme, a été forcé d'admettre l'importance de la question économique. L'idée de patrie, de république, ainsi qu'une tour au milieu d'un champ solitaire, se dressait pour lui au-dessus de toutes les autres; mais el_le ne l'aveugla~t pas au point de lui ôter la vision des nouvelles théories qui remuaient les peuples; il reconnaissait la nécessité de combattre pour assurer le travail au plus grand nombre possible. Qu'a-t-elle fait, la démocratie? Nous ne répondons pas; c'est le peuple qui répond en
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