LE PROBLtME DE LA SANTÉ hasards de la guerre, elle atteint son minimum dans le quartier du PercLachaisc, oü la Commune agonisante concentra son effort suprême et vit périr la sairite « canaille ,> de ses derniers défenseurs. Devant de pareils faits, qui, dans l'enceinte d'une même ville, constatent la dégradation collective de plus d'un million d'hommes, il est inévitable que les prolétaires en viennent à se poser certaines questions grosses de foudroyantes tempêtes. » • Le chiffre des conscrits ref.onrn'.:s pour défaut de taille, faiblesse de constitution ou autres infirmites, Yacroissant depuis près d'un demisiècle dans tous les pays à civilisation capitaliste. En France, le nombre des conscrits reconnus impropres au service militaire s'est elcve de 26. 3 °/ o en 1872, à 29. 9 °/ o en 1888. La proportion des ajournes pendant la même pcriodc a passé de 16.2 °/o à 19.5 °/o. La <ll:bitité humaine causée par le régime capitaliste (cxccs de travail, insuffisance d'alimentation, etc.) est telle que les conscrits réformes pour faiblesse de constitution est de 37 °/o en moyenne dans les villes industrielles de province, alors qu'elle atteint i peine 6 °/ 0 dans les départements agricoles. En Belgique, le chiffre des conscrits réformes était de 31.78 °/o en 1882; en 1890, il atteignait 39.81 °/o• En Suisse, la proportion des exonérés du service militaire <'.:taitde 42.9 °/0 en 1880, et de 5-1-·-10/o en 1892. En Italie, le nombre des conscrits reconnus impropres à l'incorporation s'est élevé de 17.7 °/o en 1871 à 23.2 °/o en 1891. , En Autriche, c'est bien pis encore : le chiffre des reformes est monté de 40.33 °/o en 1867 à 76.36 °/o en 1892. En Hongrie, pendant la même période, la proportion des elirnines a passé de 21.56 °/o à 75.45 °/o• Nul pays n'échappe au fléau. La dégenércsccncc physique de la population est internationale comme son pére le sur-travail et sa mère la sur-misère. Il n'y a pas i se le dissimuler, la situation est critique. Il importe d'y porter remède - et remède efficace. Si des lois protectrices des masses traYaillcuses ne sont pas avant peu promulguées - et appliquées - partout ou fleurit l'exploitation bourgeoise, les classes possédantes et dirigeantes endosseront une bien lourde responsabilité. DÉSIRÉ DESCAMPS. (A suivre.)
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