702 LA REVUE SOCIALISTE arues de décharaement dans les !)Orts ne multiplient les produits; elles ::, 0 suppriment simplement <le la main-d'œuHe. Même dans les industries ou le machinisme s'est traduit par une multiplication prodigieuse des articles fabriqués, la demande de tra\'ail a diminué ... « En régime de non-possession par les travailleurs de l'instrument de leur tra\'ail, tous les progrcs, de quelque nature qu'ils soient, se retournent contre eux pour accroitre leur misére, leur servitude, l'insécurité de kur existence, pour tout dire, en un mot, leur exploitation. » Cette conclusion est la nôtre. Non seulement le salaire du travailleur peut descendre au-dessous de cc qui lui est nécessaire pour YiYre et se reproduire, mais l'éyolution cconomique contemporaine le fait progressi\'emcnt baisser. Si la populatio1\ prolétarienne tout entiére <'.:taitoccupce, si à côté de l'armce qui tra\'aille, il n'existait pas une masse dont le Capital n'utilise pas les bras, « une armée industrielle de rcservc », le salaire <lu tra,·ailleur comme celui de l'àne, du bœuf, du cheval ou de la locomoti\'c, serait fixé à ses frais <l'entretien. Cette situation a \'écu. Les progrés mécaniques l'ont éliminée sans retour possible. Les dccou\'ertes techniques, l'accroissement des richesses, le perfectionnement des instruments de production, ont n'.:duit les efforts des ouHicrs dont la participation à la création <les produits industriels et agricoles s'amoindrit de jour en jour. Le nombre <les travailleurs nccessaires diminue partout - nous l'avons constaté. - En France, chaque année, plus de trente mille ouHicrs sont arrachés au labeur et jetés dans l'armée de réserve du Capital, armcc sans cesse plus nombreuse et qui fournit à la Mort une abondante moisson de cadavres. Comment pourrait-il en être autrement? Les prolétaires, chassés de l'atelier, condamnés à mourir de faim - s'ils ne trou\'ent pas à se faire exploiter - doivent baisser le prix de leur force-travail. Une lutte surgit entre eux pour ne pas succomber. Les sans-travail veulent prendre la place des ouvriers occupes. Ceux-ci - pour conser\'er leur droit à une rcmunération leur permettant de subsister - acceptent de travailler aux conditions offertes par les concurrents affamés. Le taux moyen des salaires diminue. Les ouvriers s'imposent des privations plus grandes. Les plus forts, les mieux organisés pour Yivre de peu, r~sistcnt à leur no11veau régime. Les autres, les faibles, les malades, les femmes, les vieillards et les enfants succombent en masse. Le nombre des prolctaires diminue jusqu'à ce que la !\lort en ait suffisamment restreint la quantité pour que le salaire
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