LE PROBLÈME DE LA SANTÉ 7or Un abaissement général du prix de la main-d'œuvre n'en est-il pas forcément la conséquence? Il n'en sanr;\it être autrement en régime capitaliste. « Le travail, dit Guesde, n'est plus qu'une marchandise soumise aux lois qui réglent le prix des marchandises et le raménent, à travers les oscillations de l'offre et de la demande, à leurs frais de production ou de reproduction. Or, les frais de production ou de reproduction du travail, cc sont la nourriture, l'entretien du traYailleur. Et ils tendent toujours à baisser, parce que, pour l'emporter sur le marché, les fabricants, quels que puissent être leurs sentiments personnels, sont contraints de réduire au minimum leur prix de revient, lcq1.1clcomprend les prix de main-d'œune. « Il y a donc tendance uniYerselle et forcée à réduire au plus bas les salaires ouvriers. Et cette loi tendancielle su~t à briser toutes les bonnes intentions ou Yolontes des employeurs, prisonniers de l'ordre social dont ils bénéficient. « Une autre cause pour laquelle les salaires - quelle que soit la productiYité du travail humain - ne sauraient s'éle\·cr au-dessus des besoins immédiats des salariés, c'est que l'offre du trayail tend de plus en plus ù dépasser la demande. « L'augmentation de l'offre du tra\·ail résulte fatalement de l'affiux dans le prolétariat des expropriés de la petite industrie, du petit commerce et de la petite culture, réduits à leur tour pour manger à la yen te de leurs bras. « La diminution de la demande du traYail résulte non moins fatalement du machinisme et de son extension. La force non humaine de traYail (vapeur, clectricité, etc.) remplace de plus en plus et rend de plus en plus inutile la force humaine de travail. C'est même en cela que consiste exclusiYement cc qu'on appelle le progrès dans l'ordre économique: « réduire sans cesse la somme de travail humain nccessaire à « une production don nec. » « Les économistes prétendent, il est nai, que cette réduction du champ du travail humain - seul moyen d'existence d'une classe - ne serait que proYisoire. Par suite du meilleur marché, le produit, plus demandé, entrainerait une augmentation de la production et une nouvelle demande de bras. Mais les cconomistcs pourraient aussi bien raconter que la fabrication mécanique des cercueils multipliera le besoin de cercueils. La production mécanique des bouteilles ou des tonneaux n'est-elle pas limitée par la production du Yin, de la bicre, etc. ; celle des rails ou des chaudières par le nombre des usines ou le développement des transports? D'autre part, ni la mécanique agricole ( charrues à Yapeur, semeuses, moissonneuses, batteuses), ni les
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