La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

SOCIALISTES ET DÉMOCRATES EN ITALIE 61 France; ce qui est démontré par l'article du directeur de cette revue : Socialismeintégral et marxisme (mai 1896); en Allemagne combattent entre eux les partisans de Volmar et ceux de Bebel· en Anrrleterre ) 0 ' l'utilitarisme pratique qui est dans le sang et les entrailles de ce peuple a primé la tactique simpliste et intransigeante. En Italie, au congrès de Parme de l'année passée, tandis que se déchaînait l'impulsive et criminelle réaction de M. Crispi, l'ordre du jour concernant la tactique fut absolument contraire à toute alliance; mais il n'a pas été observé en réalité; plusieurs socialistes entrèrent dans le Parlement à l'aide des radicaux et des démocrates. - Mais, répliquent les simplistes, cela a été un moment exceptionnel. Si nous avons été forcés une fois de nous détourner de la route droite, ce n'est pas une raison pour que nous devions considérer comme règle un expédient provisoire. Entre nous et les démocrates de toutes nuances: il y a un large fossé. Entre les exploités et les exploiteurs point d'amitié : devons-nous les remercier parce qu'ils nous écorchent? D'ailleurs, l'alliance avec les démocrates ne vaut pas la peine d'être ramassée : cc parti-là n'a pas de vitalité ni d'autorité; devrons-nous faire cause commune avec des fossiles? A la vérité, le parti dit démocratique en Italie a donné mainte fois des preuves d'impuissance en ces derniers temps; les socialistes ont bien des raisons pour s'en plaindre. Depuis l'entrée des Italiens à Rome, la fonction de la démocratie eùt été de proclamer en face de certains gouvernements, qui étaient réactionnaires par fatalité historique, les nouveaux droits du peuple incompatibles avec les débris du passé non détruits par la révolution italienne. Pour remplir sa tâche, elle devait créer la conscience collectiYe ; se mettre en contact continuel et immédiat avec le peuple et lui donner la conscience et l'orgueil de ses droits; prouver d'une maniére évidente toutes les insuffisances d'une politique étroite, mesquine, obligée à vivre d'expédients pour concilier les nouvelles idées proclamées par la révolution avec les hércdités de .la Sainte-Alliance. Qu'est-ce qu'a fait la démocratie? Elle a beaucoup bavardé, excessivement bavardé; elle a substitué à l'adoration du Dieu des chrétiens le culte des entités métaphysiques; elle se trouve, suivant la classification d' Auguste Comte, dans la deuxième période de l'évolution; elle n'est plus théologique, mais pas encore positive; elle est métaphysique, voilà tout. La démocratie a fait ses campagnes de guerre avec une grosse artillerie de mots bruyants, et avec l'arme blanche de la rhétorique. La foule regardait d'un air ébahi les orateurs qui déroulaient leur byzantinisme sonore qu'elle n'entendait pas. La démocratie a écrit des pages on ne peut plus brillantes dans l'histoire épique de notre indépendance nationale ; mais, après la mort de Mazzini, de Mario, de Saffi., la petite minorité parlementaire incohérente, désorganisée, en

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