REVUE DES LIVRES d'être un bon patron, mais il critique les rares exemples donnés jusqu'à cc jour par diverses administrations nationales ou municipales. Néanmoins M. Ansiaux manifeste des impatiences. Il nie la lutte de classes, mais chacune de ses phrases la constate; et il affirme que le credo social des classes dirigeantes s'est renouvelé; mais il se plaint « que la foi nouvelle n'est guère agissante ». Et il s'écrie : « Il faut des œu\-res ! » Or voici tout son programme d'action : intervention en faveur des grèves légiti111es; - comités permanents pour l'examen des questions ouvrii:res et la protection des faibles et des opprimés; - enseignement économique touchant tes conditions d'existence des industries; - àlucation de l'ouvrier au point de vue de la dépense! - lutte sans trèvc contre l'alcoolisme. Bref, NI. Ansiaux promet un peu de sucre aux ouvriers, c'est-à-dire que l'on parlera d'eux, que l'on confe<.:tionnera sur leur dos de belles guirlandes oratoires, qu'on leur apprendra à vivre à bon marché, qu'on leur enseignera les dépenses cconomiques et les boissons hygi<'.:niques, - à une condition sine qua 11on. Toutes ces belles choses arriveront seulement si les OU\Tiers « s'abstiennent, dans leur conduite politique et privée, de tout ce qui pourrait indisposer l'opinion ou refroidir le législateur », :-- si l'on ne voit plus « les énergies ouvrières s'absorber dans une action politique infructueuse et desséchante »; - quand les organisations de tra\'aillcurs ne seront plus « englobées dans le mouvement socialiste », ne seront plus les « banquiers - il fonds perdu - de la lutte électorale » de ce haineux et insolent parti socialiste « doublement, monstrueux par l'utopie qu'il poursuit, par la guerre civile qu'il déchaîne ». Nous dédions ces conclusions aux anarchistes adversaires de l'action politique. Quant au reproche de criminelle imbécillité plusieurs fois lancé contre les hommes du socialisme, nous répondrons simplement à M. Ansiaux par deux vers du bon La Fontaine : Le compliment est Aatteur, li est digne de l'auteur. ADRIEN VEBER.
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