LA REVUE SOCIALISTE ment, ;1vccdes textes contemporains à la Da11111atio11 de Faust comme preuves, Lum:ur att,ique J.i critique qui de tout temps commence par être aveugle et envicu~e pour les œuvres vraiment neuves. J'ai éprou,·é une dou.:e joie :1 la lccrnrc de ces articles de maitres d'alors, car j'en ai préjugé de cc que seraient les opinions de quelques-uns d'aujourd'hui dans cinquante ans. Cette confrontation de l'œuvre et des jugements qu'on a portés sur clic est une originale idée, saine et réconfortante. Il est consolant de voir l'artiste survine par ses créations, lorsque ceux qui l'ont critiqué sont depuis longtemps tombés dans l'oubli. Yoil:1 cc qui ressort de la Co11cl11sio11. Le li,-rc de l\I. Prod'homme est d'une grande honnêteté, et par ces jours troubks de succès faciles, de réclames outrancières, de talents à la mode, l'honnêteté est rare, trop rare pour qu'on ne la salue pas. Loms Lu~tET. * * * i\lAcnrcE Ai,;suux. - Heures de travail et salaires (Etude sur l'amélioration directe de la condition des ouvriers industriels). --· Paris, Félix Alcan, éditeur, 108, boule\'ard Saint-Germain. Prix : 5 francs. i\l. Ansiaux, avocat du barreau de Bruxelles, a tenu à nous faire savoir que son \'Olume (imprimé sur papier anglais, je crois) a été édité à Bruxelles par i\[me veuve Ferdinand L,rcicr, et que « le personnel de cette firme est compos.'.: d'ou\'l'iers affiliés à l'association libre des compositeurs et imprimeurs typographes de Bruxelles, dont le tarif impose un salaire 111i11i11111111 de 5 fr. 50 pour dix heures de travail». M. Ansiaux joint donc la pratique :1 la théorie. Aprés avoir pn:ché l'opinion publique, sur laquelle il compte beaucoup pour l'.unélioration du sort de la classe ounière, après avoir recommandé aux consommateurs de ne se fournir que chez les patrons qui cmploicm des ouvriers associés ou syndiqués et composant avec eux, il donne lui-même le bon exemple. Cc n'est pas à dire que M. Ansiaux soit socialiste, ni 1111.:me qu'il soit p,irtisan de la journée de huit heures et du salaire minimum, ni qu'il reconnaisse la lutte de classes. Il n'est pas da,·antage économiste, bien que ses trois cents pages ne soient qu'un perpétuel jonglage de faits, de chiffres, de statistiques et d'arguments contradictoires. Il n'est pas non plus inten·cntionniste. Mais alors ... li se proclame a\'ant tout pratique. C'est un opportuniste pratique, qui ne dit pas ,que jamais les salaires ne seront augmentés, que januis la journée de tra,·ail ne sera réduite. Au contraire, le relèvement graduel -les salaires et la diminution des heures de travail résulteront du rclè,·cment intellectuel du monde patron.il, qui ne doit plus avoir d'autre objectif que le perfoctionnemcnt (di.iboliquc) des mt'.:thodes de rémunération et de la productivité du travail. Quant à l'Etat, il peut bien intervenir, et les parlements doi\'cnt légif1.:rer, et les préfets doi\'cnt administrer; mais i\I. Ansiaux limite tellement leur intervention, leur tisse tant de lisières, que l'action publique se réduit :1 néant. i\I. 1\nsiaux \'CUt bien que l'État donne le premier l'exemple
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