La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

626 LA REYUE SOCIALISTE REVUE DES LIVRES La Pathologie sociale, par PAUL DE LruENFELD. - Paris, V. Giard et E. Brière, 1896. La sociologie se débat aujourd'hui dans l'incertitude comme s'y sont jadis débattues l'astronomie, la mécanique, la chimie, - comme hier encore la psychologie physiologique. On ne s'entend pas encore entre sociologues faute de bases communes et de méthode rigoureuse. M. de Lilienfcld, connu déjà fort av:mtageusement par ses ,, Pmsé,·ssur la scimce socialedel'a'l!enir>>, a publié tout récemment un nouvd ouvrage, la Pathologiesociale, dans la « Bibliothèque sociologique internationale » que dirige M. René \Vorms. Il manifoste, lui aussi, après quelques autres, la prétention d'avoir troll\·é ces bases communes et cette méthode rigoureuse, condition indispensable pour la réalisation d'une science sociologique. Il s'agit tout simplement de concevoir la société comme un organisme réel, concret, d'ét,1blir un parallèle très serré entre les organismes de la nature et l'organisme social, et non plus seulement de relever de partielles analogies. C'est l'opinion exprimée déjà par Spencer et Schaeffle: mais M. de Lilienfeld n'accepte pas toutes les conséqùences logiques de cette interprétation; il fait de prudentes résen·es et renonce à trouver dans l'organisme social tous les systèmes de l'organisme naturel. Il se contente d'en étudier le système nerveux, et ce qu'il appelle « une substance intercellulaire sociale » dans leurs états sains et surtout pathologiques. Et d'abord, il fait rentrer tous les phénomènes sociaux dans les trois grandes e:ttégories, économique, juridique et politique, qui con-cspondent aux sphères physiologique, morphologique et unitaire des organismes de la nature; il ne prend en considération les phénomènes intellectuels, esthétiques ou religieux qu'autant qu'ils forment une matière sociale, pouvant par conséquent être étudiée à l'un de ces trois points de vue essentiels. L'organisme social étant identique à l'organisme naturel, il va sans dire qu'il obéira aux mêmes lois de croissance et de décroissance, de ,vie et de mort; les états morbides de l'un correspondront aux états morbides de l'autre, les anomali.::s dans la structure et le développement des sociétés seront la contre-partie d'anomalies analogues dans le corps de l'homme ou de l'animal. M. Lilienfeld base sur ces principes généraux toute sa " Pathologiesocial!'>>, le prw1frr ,·s.rnid,·c,:genre, nous dit-il.

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