La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE D'apres sa statistique municipale officielle, à Berlin, la régression ne s'affirme pas seulement dans la consommation de la Yiande, mais dans tous les aliments servant à la nourriture de la classe ouvricrc. La socialisation de la production. - Outre ses chemins de fer, ses postes, ses télégraphes, son imprimerie nationale, exploitations qui sont rentrées à la collectivité dans la plupart des pays, l'Etat allemand dirige une manufacture de porcelaine (comme Sèvres en [rance), des hauts fourneaux et des usines métallurgiques pour le cuivre, l'argent, l'or, etc.; il posscdc et exploite des mines considérables ( charbons, minerais, pierres à bâtir), dès salaires et des usines de produits chimiques; il est banquier, entrepreneur de loteries et actionnaire de quantité d'entreprises privées. L'imprimerie travaille pour l'ensemble des Etats confédérés et également au besoin pour les particuliers. Elle produit une quantité considérable de publications de toutes sortes, qu'elle fournit, non pas au prix de revient, mais à des prix se rapprochant de ceux du commerce; cc qui lui permet de rcaliser des bénéfices trés notables qui, sur une recette brute de 6,242,000 marcs, s'élèvent, pour l'exercice 189-1--95,à 1,436,800 marcs, soit 23 ¾- Quant à la Banque d'Etat, qui, clic aussi, fait partie des administn1tions de l'Empire, clic travaille et fait des bénéfices pour l'ensemble des Etats confédérl!s. L'Etat est en quelque sorte actionnaire, et gros actionnaire de la Rcicbsùa,,h, et, d'après la loi du 18 décembre 1889, participe à ses bénéfices; le prélcvement qu'il réalise de ce chef est évalué à 7 millions 123,000 marcs dans le budget (189-1--95). Quant à la Pmsse proprement dite, clic exploite des salines, des fonderies de fer, d'argent, de plomb, de cuivre, d'acide sulfurique, des houillères, des mines de schistes, bitumineux, de gypses, de phosphates, de calcaires (pierres de taille et pierre à chaux), et de minerais de plomb et d'argent, des fabriques de porcelaines, des établissements <le bains et des loteries. Le Co11gresde Gotba. - C'est à Gotha qu'il y a plus de vingt ans fusionnèrent les deux organisations rivales et ennemies des disciples de l\larx et de ceux de Lassalle. C'est là que fut rédigé et adopté, grticc à des concessions réciproques, le programme final du parti, le document fondamental qui est en quelque sorte pour· les socialistes d'Allemagne cc que la confession d'Augsbourg est pour les églises luthériennes.· On comprend aiscmcnt le sentiment de piété historique qui a inspire pour cette année le choix de Gotha pour la session du congrès démocrate socialiste. Après la discussion des comptes financiers et du bilan moral du

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