)!OUVEMENT SOCIAL Mais si les travailleurs, si les républicains ne veulent pas que cette dette pèse sur la Verrerie ouvrière, s'ils ne \'Culent pas que le grand effet moral de l'entreprise soit dimi11ué, il faut qu'ils considérent que cette dette est provisoire; il faut qu'ils prennent devant eux-mêmes, de,·ant leur conscience, devant leur raison, l'engagement d'honneur de réaliser, da11s le di/ai le j>/11csourt, les ressources nécessaires pour que la Verrerie ouvrière se suffise à elle-même, pour qu'elle se dresse comme un haut et pur exemple de l'énergie prolétarienne et qu'elle n'ait, si je puis dire, dans sa charpente, aucune pièce vermoulue, aucune tare d'emprunt. Ce résultat sera atteint, j'en ai la con\'iction profonde, car les cœurs étaient soulevés d'un trop haut enthousiasme, et les esprits éclairés d'une pensée trop nette pour que le doute soit permis. Rochefort oune une souscription nouvelle d:rns l'l11/ra11sigM11l qui s'inscrit d'abord pour JO,ooo francs, et, certes, le concours des républicains généreux et droits, qui n'entendent pas immobiliser dans les formes du passé notre société inquiète et mouvante, lui est d<'.:ms aintenant acquis. D'autre part, les organisations de tout ordre qui détiennent encore pour 117 ,ooo francs de tickets comprendront qu'elles commettraient contre le prolétariat, contre ellesmC:mes, un véritable crime si clics compromettaient par négligence ou lenteur une œuvre admirable et libératrice qu'un dernier effort peut ache\'er victorieusement. Que partout donc la propagande redouble, et que la force ouvrière s'affirme invincible. La tentative du prolétariat est suivie par tous les p,1rtis, par toutes les classes, avec une attention passionnée. Les uns la saluent avec une espérance ardente, les autres l'observent avec une curiosité sympathique ; d'autres encore la guettent avec des pensées mau\'aises, et ils laissent échapper malgré eux la coupable espérance qu'ell<::s'effondrera et qu'elle ensevelira sous ses ruines la folle pensée d'émancipation des travailleurs égarés. A \"OUS tous, ouvriers de France, à nous tous, socialistes et républicains, <le tromper ces espérances misérables et d'a.:heYer en dèfinitiYe Yictoire la glorieuse et lumineuse journée qui a resplendi sur le prolétariat. JEAN JAURÈS. Le quatorzièmeCo11grè1s1ritio11dn1l1Parti Ouvrier SocialisteRévol11tiow1aire. - Son programme ne contenait que deux questions nouvelles: celle <lu pain gratuit, laquelle fut rejetée, et celle concernant les sociétés coopératives. No'us donnons sur cc dernier point le texte intégral de la résolution adoptée. Des votes furent en outre émis contre les armées permanentes et en faveur de l'instruction intégrale. Pour la grève générale un comité central de propagande a éte composé <les citoyens Lavaud, secrétaire génhal du parti, \Veber, ancien conseiller municipal de Paris, Beausoleil, Allemane, etc ... Les adhérents du P. O. S. R. n'attendent la réalisation du communisme socialiste que de la Révolution seule par la gréve gt'.:nérale. Le lendemain du triomphe révolutionnaire, le premier devoir sera « d'exproprier toute proprit'.:té individuelle du sol, du sous-sol et du numéraire ». Cette propriété sera répartie par les soins 39
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==