La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

552 LA REVUE SOCIALISTE DE LA Oui, tu conc.:des trop au monde - et tu t'amuses! Sa \'Oix t'est douce au cœur plus que la \'Oix des ]\fuses. Mais les turbots géants, et tous ces plats coûteux Apportent déshonneur ct ruine avec eux. Puis l'oncle est furieux, le voisin rit. Toi-m0me Tu t'en veux :i. mort! l\lais, dans cc désir suprême, Tu n'as plus même un as pour payer un lacet! « A Trausius, dis-tu, ces reproches! ,\loi, c'est « Différent. J'ai de gros rc,·enus, la fortune « De trois rois! » - Quoi! du supcrnu qui t'importune ";\c peux-tu faire emploi meilleur? Des gens de bien Sont indigents, tout près de toi. Ce temple ancien Tombe en ruine. Et pour ton pays, misérable, "N'epeux-tu rien prendre :i. cc tas considérable? Sans doute pour toi seul le bonheur durera? Oh I que ton ennemi, le jour ,·cnu, rira! Qui subira le sort et ses vicissitudes D'un cœur plus n:solu? Celui dont l'habitude .\u luxe aur.1 formé l'esprit comme le corps, Ou celui qui, toujours a,·cc le temps d'accord, Comme un sage, content de peu, n'espérant guère, En paix se sera fait des armes pour la guerre ? Tu peux m'en croire. Enfant, je connus Ofelia Usant de sa fortune, entière en cc temps-là, .\ussi peu qu'aujourd'hui qu'elle est fort amoindrie. Regarde-le petit fermier de métairie, Avec tous ses enfants labourer sans ennui Pour un autre le champ qui jadis fut :i. lui. « Je n'ai j,1111aisd, it-il, fait grands frais culinaires; « Jambon fumé, légume étaient 111011 ordinaire. « 11ais s'il se présentait quelque hôte inespéré, « Si le voisin, pendant l'orage, d(:sœuvré, « S'asseyait :i. ma table, il faisait bonne chère! « Pas de poisson de ville, où l.t marée est chère! « Du poulet, du chevreau. Le fruit de l'échalas, « Deux figues et des noix faisaient le second plat. (r) L'àme n11liq11e. Un YO!ume chez Armand Colin.

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