LA REVUE SOCIALISTE la construction et l'exploitation de chemins de fer seraient abandonnées aux c:intons ou :i l'initiative pri\'l;c. Laissons de coté la question de savoir si l'État confédéré, alors nouvellement reorganisé, ne se sentait pas de force :\ entreprendre cette t:iche ou si les intérèts privés prévalaient sur la foi en la construction des chemins de fer par la Confédération; nous sommes en présence du fait que, dans notre pays, le moyen de transit le plus effectif de notre époque, les chemins de fer, sont encore propriété privée. On s'est ri de l\I. Stampfli qui, vers 1860, alors que la majorité des Compagnies de chemins de fer se trouvaient dans des embarras financiers, s'efforç:1 d'amener la Confédération au rachat des lignes. Au moment ,,€ la crise pénible, entre les années 1870 et 1880, crise qui amena plus d'une Compagnie de chemins de fer sur le bord de l'abime, et où les actions des chemins de fer étaient tombées si bas, rien ne fut tenté. Dans les années 1880, on ,·it paraitrt! la loi sur la « comptabilité des chemins de fer», qni mit de l'-:irdre dans les bilans et écarta <lu compte de construction, co111111e 1 'y npparleua11tpoi11t, plus de 120 millions, dans les bilans du Central, du Nord-Est, du Jura-Simplon actuel et de l'Union-Suisse. La pensée que les chemins de fer, comme moyen <le transit important et i11dispmsable, se rattachent étroitement il toutes les branches de l'économie nationaie, et que ce moyen de transit devrait appartenir à tous, c'est-à-dire à l'État, fit naitre le projet <le commencer par le rachat <luchemin de fer du Central-Suisse. Le libre achat, que la 111ajorilédes Cbambres fédt!rnles reco111111nnda au peuple, fut rejeté par une imposante majorité par le vote du 6 décembre 189r; et füjourd'hui on ne peut douter que cette ligne eût été alors payée 40 milliollS au-dessus de sa ,·aleur réelle. La Confédération a également échouë dans ses essais d'influencer, gr:ice à ses achats d'actions, sur la direction des Compagnies de chemins de fer. Non seulement l'État a manqué son but, mais il s'est rendu par là plus dépmdant qu'il ne l'était. Les 7ï,090 actions de priorité du Jura-Simplon à 500 fr., achetées en 1890 pour la somme de 46 millions, ne peuvent guère être évaluées au-dessus du pair et n'ont pas valu ù Li Confédération l'influence qu'elle espérait exercer sur le sort de cette voie. Dans la session de décembre 189 4 , tenue à Berne, on a encore débattu la question de savoir ce qui arrivera après 1957, c'cst-:1-dire après l'expiration de la concession de 99 ans. Si nous reconnaissons volontiers que la « loi fédérale concernant le droit de vote des actionnaires des Compagnies de chemins de fer et la participation de l'Etat dans 1 administration », proposée p.1r le département des chemins de fer, est rédigée à bonne intention, nous ne pouvons cepen.lant que constater qu'en somme les effots de cette loi ont été comme des coups en l'air. Non seulement les actionnaires auront toujours la majorité dans les conseils d'administration, mais ils l'emporteront sans cesse dans leurs assemblées générales, usurpant, comme l'expérience l'a démontré, la haute competence, de sorte que le Conseil d'administration le mieux intent:onné, et avec lui les autorités fédérales, seront toujours paralysés. En présence de cet état de choses : /' i11rnccès ouvertement déclaré des autorités fédérales et l'approche du deuxième terme de rachat (45m• année) de nos principales lignes de chemins de fer, di,·erses sociétés politiques et économiques ont cru de leur deYoir de rédiger une demande d'initiative pour arriver à une solution définitive de la question des chemins de fer. Le p.1ys a le droit bien fondé de poursuivre la solution finale de cette affaire. Chers concitoyens ! La demande d'initiative que nous vous i1witons à signer est le fruit de considé rations longuement réfléchies et requiert principalement cc qui suit : a) Le droit formel de la Confédération d'acquérir, de construire et d'exploiter toutes puissent émettre leur vote à la session d'été de 1897. Le peuple suisse ayant adopté la loi sur la comptabilité des chemins de fer, le 4 octobre dernier, le prix maximum du rachat, sur la base de concessions, se trouvera fixé en temps utile, c'est-à-dire à l'été de 1897. Dans l'intervalle, on déposera aussi un projet de loi sur l'organisation et !"exploitation des chemins de fer fédéraux, afin de faire la lumière complète :\ ce sujet a,·ant la notification du rachat.
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