MOU\'EMENT SOCIAL 495 luxe, il a jl.!té sur le marché les produits les plus coûteux; et c'est pour un petit nombre de grosses bourses qu'il a renouvelé l'art de l'ameublement et de la décoration. « Si l'on cherche le lien qui unit ces deux conceptions en apparence opposées, on s'ap,erçoit bientôt qu'elles ont toutes deux une seule et même source : la haine de la ntlgarité bourgeoise, le désir de s'enfuir hors ctes laideurs et des iniquités du monde actuel. Si l'on essaie d'apprécier son influence, qui fut grande, on peut dire qu'elle tendit a la fusion des deux classes si distantes qui composent la société contemporaine et surtout la société anglaise. En enseignant i ceux d'en haut a mettre l'élégance et l'harmonie dans cc qui les entoure, il entendait leur enseigner aussi la Yaleur de ce tra\'ail manuel si injustement dédaigné par les sots. En inculquant à ceux d'en bas le souci du beau en tout genre, il espérait les élever au-dessus d'eux-mêmes et les mettre de pair avec les plus raffinés de ceux qui les écrasent encore de leur supériorité de hasard. « AYec \Villiam Morris disparait une figure originale, et plus encore, une force sociale faite de l'u_niond'un cœur généreux et d'un talent robuste. Nous nous associons respectueusement au deuil de sa famille et de ses amis. " Londres, s octobre 1896. (( GEORGES RENARD. )) ALLEMAGNE Agrarie11s Socialistes. - Dl.!notre correspondant Henri Thürow : Le parti socialiste comptait déjà dans ses ~angs un bon nombre de militants qui, par leur naissance et leur éducation, appartenaient il la classe bourgeo,se. La noblesse elle aussi avait payé son tribut en la personne d'un ancien officier, Georg von Vollmar : Voilà qu'il commence à recruter ses adeptes dans le parti le plus arrién.: - le parti des grands propriétaires ruraux. Les journaux rapportent en effet que dans la Prusse orientale deux ou trois terriens, dont la situation matérielle n'explique en rien leur conversion aux idées subversives, ont adhéré au parti ou_vrier. L'un d'eux, un M. Ebhardt, propriétaire d'une terre de trois à quatre mille acres, n'était plus un inconnu pour le parti socialiste lui-même et il n'y a que les feuilles ennemies qui se perdent en considérations hypothétiques sur les causes du spectacle dont ils sont les témoins. La vérité est que le dit agrarien fut déjà candidat socialiste aux dernières élections législatives où il recueillit I ,200 voix dans une circonscriprion exclusivement rur:ile. Ayant passé par l'école du libéralisme, ce propagandiste du collectivisme fut d'abord, comme son père, un fervent combattant dans les rangs des progressistes - les radicaux allemands - dont les idées toutefois ne lui parurent pas assez larges et humanitaires. Il se maria plus tard avec une simple ouvrière
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