LA REVUE SOCIALISTE torturés à plaisir qu'il suffit de relever leurs statistiques pour prendre leurs auteurs en flagrant délit d'interprétation arbitraire. Ainsi M. Neymark a fait récemment une communication à l'Académie des sciences mor:ilcs et politiq ucs sur le· Morcellerneut des valeurs mobilières que le Journal des Eco11omisles reproduit dans son dernier numéro. « A en croire les socialistes», dit cet académicien, qui cumule a\'ec ses fonctions « morales » celles moins « morales » de directeur du journal financier le Re11tier, - « i en croire les socialistes, cc qui existe actuellement, c'est une ploutocratie financière. Rien n'est moins exact : i l'heure présente, cc qui domine, c'est une démocratie laborieuse. » Et voici la preuve de ces assertions tranchantes : « Le nom)Jre des porccurs de rente est de 2 millions, cc qui représe11/erait (c'est moi qui souligne cc conditionnel) pour chacun d'eux 403 francs de rentes en moyenne, soit un capital de 13 à q,ooo francs. En tenant compte des rentes appartenant aux caisses d'épargne, caisses publiques, départementales, communales, etc., cette moyenne serait encore de beaucoup trop éleYéc. » - Voilà, certes une démonstration concluante. En additionnant la fortune d'un cocher de fiacre, qui est de o, avec celle de Rothschild, cela ferait un certain nombre de milliards. M. Ncymark prend la moyenne, divise par deux le total ainsi obtenu, et Yous donne le chiffre de la fortune respective de ces deux associés : le chiffre du cocher s'élèYcra encore i pas mal de milliards, mais le total des Yaleurs possédées par M. de Rothschild diminuera de_moitié. N'est-cc pas que les moyennes sont d'un usage commode? « Sous l'influence des faits économiques, dit-il ailleurs, la baisse du t:iux de l'intérêt a rcduit le revenu des rentiers de 6 et 5 °/o i 3 1/2, 3 et 2 1/2 °/o, soit pres de 50 °/0 ; le taux des salaires, au contraire, a lpussé de 50, 60, 75 °/o. » Or quelques lignes plus haut, notre statisticien écrit : « Depuis trois quarts de siècle, le niYcau de la fortune mobilière et immobiliere s'est équilibré. En 1826, les biens meubles successoraux représentaient 5 2 °/ o des biens immobiliers. En 1892, l'ensemble des biens meubles dépasse de r 0 / 0 la fortune immobiliere. » En d'autres termes, rien que la masse des capitaux mobiliers a augmenté de plus de 100°/ 0 , d'où la nécessité, pour ceux qui ne sont pas des manieurs <l'argent de posséder, pour en obtenir un rcYenu égal, un capital supérieur à celui de 1876; (je dis, pour ceux qui ne sont pas des manieurs d'argent, car l.1plèbe des actionnaires est réduite i la portion congrue de 3 1/2, 3 °/ 0 et même 2 1/2 °/ 0 ; le financier, qui se taille la part du lion, ne se contente pas de cc taux). Mais si la masse des capitaux mobiliers a plus que doublé, est passée de roo à 200, à 300; l'accroissement capitaliste a été beaucoup plus rapide que l'augmentation des salaires, puisque M. Ncymark lui assigne comme limite m.1Xima
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