La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

LE MÊTROPOLITAIK 461 Une fois le Métropolitain en pleine exploitation et transportant, comme à Berlin ou a New-York, 4 millions de yoyageurs ·au kilomctre, les recettes seraient doublées, les frais généraux réduits et les bénéfices annuels pourraient atteindre, non plus quatre, mais quinze ou vingt millions. Tout autre serait le rcsultat probable d'un chemin de fer souterrain, long et coùteux a construire, d'un usage incommode, d'une exploitation onéreuse, qui, si nous nous en tenons aux expériences faites a l'étranger, se solderait certainement par un gros déficit. C'est pourquoi le Conseil municipal de Paris, après beaucoup de tergiyersations où des motifs d'ordre plus sentimental qu'artistiquc remplaçaient les Yéritables raisons, s'est décidé à :t<loptcr le systémc aérien : c'était la condition sine qua 11011 du Métropolitain communal. * * * Faire un M<'.:tropolitain quelconque était facile, et les grandes Compagnies, avec la complicité <les gouYernemcnts, sauf un seul, M. Bourgeois, ont été souYe11tsur le point de s'emparer de cette proie. Elles y ont réussi en partie, sur la riYc gauche, où l::i Compagnie d'Orléans, puis celle de l'Ouest, ont fait <lestraYaux d'approche presque jusqu'au centre de Paris. Il s'agit <l'éYiter le nouYel accaparement qui consisterait à transporter l:i gare d'Orlbns sur le terrain de la Cour des Comptes. Mais les tronçons commencés, qui n'ont d'ailleurs d'autre but que de réunir les grandes gares à tra\'C~rs la capitale, n'offriraient d'avantages réels qu'aux financiers et aux gouYernants qui ont permis cette spoliation illégale de la Ville <le Paris. Cc qu'il faut à la population parisienne prise dans son ensemble, c'est un chemin de fer s'étendant sur toute la Yille, afin que tout le monde puisse circuler rapidement et :i bon marché; et c'est aussi de cette maniérc que doit être résolue la question au point de vue socialiste. Le Métropolitain doit être et peut être une œu\Te socialiste; mais pour cela, il faut que le Conseil municipal ne le laisse pas échapper ét qu'il le réalise de la manicre indiquée ci-dessus. Tout se tient en effet. Le ~1étropolitain est incontestablement un sen·icc public, dans l'espèce un serYice communal; mais la commune n'en conscrYe la disposition qu'autant que les frai5 de construction ne seront pas trop clcYt:s pour le réseau le plus étendu; et nous saYons déja qu'ayec les grandes Compagnies il cesserait d'être un service public, car les quartiers pcriphériques, habités surtout par les travailleurs, resteraient en dehors du tracé.

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