La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

. . THÉORIE DE LA PROPRIÉTÉ 33 C'est ainsi qu'un fermage trcs éleve peut apparaitre pour les terres du Medoc, comme un salaire trés élcve pour les facultés personnelles d'un. Alexandre Dumas père ou d'un Mario (je ne prends pas mes exemples parmi nos contemporains pour ne pas blesser leur modestie). Seulement, nous poserons alors et nous n~soudrons avec le plus grand soin la question de la propricté des capitaux producteurs, comme je me suis efforcé de le faire dans cc travail. Les terres du Medoc ayant été donnces à tous, les hauts fermages payes pour leur service appartiendront à l'État qui, grâce à eux, pourvoira à des services publics gratuits pour tous. Et les facultés personnelles des Dumas et des Mario ayant été données à chacun d'eux, les hauts salaires payés pour leur service appartiendront à ces individus qui les emploieront i boire du Ch:tteauLaffitte. Quant i nous, nous lirons Afonte-Crislo et nous entendrons chanter le Barbier de Séville. Dans ces conditions, la répartition de la richesse sociale est assurce, et clic est juste. Si les collectiYistes Youlaient tous apporter cet ame1i.dcmcnt à leur systéme, nous serions d'accord, eux et moi, sur le point de départ, puisqu'ils accepteraient b propriété individuelle des facultés personnelles et que j'accepte la propriété collective des terres. Nous aurions à discuter entre nous la question de savoir à gui appartiendront les capitaux artificiels, et peut-être réussirais-je à leur persuader d'abord que le service de ces capitaux ne peut ni ne doit être plus gratuit que ceux des facultés personnelles et de la terre, sous peine de ne pouvoir se distribuer, et ensuite qu'ils doivent être l'objet d'une propriété collective quand ils ont été créés par l'État avec des fermages, et d'une propriété individuelle quand ils ont été créés par des individus avec des salaires. Les collectiYistcs craignent qu'en remettant ainsi une fraction du capital à la propriété indi\'iduclle, on ne prépare la renaissance, dans la société nouvelle, de la féodalité financiérc qui nous opprime. Je n'ai pas cette crainte, parce que, dans la société nouvelle telle que je la conçois, on aurait supprimé les véritables causes et conditions de cette féodalité qui sont la propriétéfonciere et les monopoles: la comment la courbe de demande TT du service (T) se rattache à la courbe de demande du produit (B) en même temps qu'aux courbes de demande de tous les :iutres produits, c'est l'essence de l'économie politique nouvelle qui substitue une loi scientifique de distribution des produits à la soi-di~ant loi de l'offre et de la de111a11de, ux mots qui constituent toute la science pure des économistes officiels, comme les deux mots de laisser-faire et laisser-passer constituent toute leur science appliquée, mais sous lesquels ils ont entassé des montagnes de non-sens et de contre-vérités. Cc problème de la distribution des produits est extrêmement compliqué. C'est la considération de l'i11teusité du dernier besoinsatiifail, du Fi11altlegreeof 11/ility, du Grm::;_11ulz.e11 qui, seule, en fournit la solution; et on ne peut en vouloir ni aux socialistes ni aux économistes qui nous ont précédés de ne l'avoir pas résolu. En revanche, on peut reprocher aux économistes français contemporains de publier, il l'heure qu'il est, des Dictio1111airdes'éco11omipeolitiq11e où ce mot brille d'un vif éclat par son absence. • •

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