LE PROBLhlE FISCAL dit que la république périra lorsqu'elle sera gouvernée par le fer ou par l'airain;» et ainsi, il formule nettement dans le maanifique !an- , 0 gage qui est le sien, le principe de l'inégalité des positions. Et quand A:istote nous répète à maintes reprises, dans sa Politiq11e, que l'Etat (1t6).t;) est une communauté (Y.rmw,1o:) d'égaux et de semblables (ro-w, Y.o:t 6p.o€w,), il pose Yirtuellemcnt d'une façon rigoureuse le principe de l'égalité des conditions. Cette YUelarge et compréhensive n'a été partagée chez nous, au dix-neuvicme siécle, que par quelques rares esprits tels que Pierre Leroux, Dupont-\Vhit<.:, M. Vacherot. La plupart des socialistes ont été communistes, à tel point que le mot de socialisme, créé par Leroux pour désigner sa conception synthétique, a fini par s'identifier, pour beaucoup de gens, aYec celui de communisme. Quant aux économistes, ils sont indiYidualistes a outrance et, sur ce terrain, marchent à la suite de M. Thiers, le philosophe de la sociologie bourgeoi&e. Comme je l'ai dit dans la Geleçon de ma Théoriegé11érnlede ln. société, quand on applique l'indiYidualisme exdusif à la théorie de la répartition de la richesse sociale entre les hommes en société, on sépare les deux questions de la propriété et de l'impôt, et on résout la premiere en attribuant à l'indiYidu seul toutes les espèces de la richesse sociale : facultés personnelles, capital et terre; puis, cela fait, on s'occupe de constituer des ressources a l'État par le moyen d'un prélèYement à opérer sur les différents reYenus des différents capitaux abandonnés a la propriété et à la jouissance in<liYiduelles: salaires, intérêts et fermages; alors, le probléme de l'impot étant ainsi posé, on le résout par ce double principe qu'il doit être consenti Yolontairement et qu'il doit être réparti proportionnellement. Ainsi procède M. Thiers (r). La propriété et l'impôt n'étant que les deux moitiés d'une même théorie, on traite de l'une et de l'autre dans le même volume; seulement, on traite de la premiére dans le Liwc premier et _ du second dans le Livre quatrième; c'est-à-dire qu'on aborde laquestion après qu'on l'a déjà vidée. Qu'est-cc que l'État? Une institution par laquelle _lesindividus se font protc'.:gcrdans l'obtention et la jouissance de leurs revenus. « Tandis que le soldat, sur la frontière ou « dans l'intérieur, le magistrat à son prétoire, protègent dans la même « journée le travail de tous, travail qui, pour l'un, représente 2 francs, « pour l'autre 6 francs, pour un troisième 100 francs, pour un qua- << tri ème r ,ooo francs, ils ont épargné au premier une perte de 2 francs, cc au second de 10 francs, au troisième de 100 francs, au quatrieme de « 1 ,ooo francs, en préYenant le dommage qu'une inYasion, un désordre, « une illègalité auraierit pu leur causer.» (P. 306.) De même pour les (r) De la propriété. Édition populaire. r8.i8.
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