REVUE DES Ll\ïlES 375 i\L Guilleminot défend les droits politiques d~s femmes, leur aptitude à remplir beaucoup des fonctions sociales que remplissent aujourd'hui les hommes; il préconise l'alliance du fémini~me et du socialisme, qui sont tous deux des mouvements Yers la liberté; il n:ut l'abandon du droit romain en général pour Je droit humanitaire. Et nous sommes encore de fameux barbares! Nous nous plaignons de dépopulation, et nous ne faisons rien pour améliorer le sort des enfants Je la misère, pour augmenter leurs chances de Yie, pour honorer la maternité dans toutes les conditions sociales. Les lois et les préjugés actuels counem d'opprobre la fille-mère, non contents de la laisser sans défense contre son séducteur. On ne la préserve pas de la faim; c'est :t peine si clk tr0tm.: une place à l'hôpital quand elle va donner le jour à son enfant, et, aprl'.:s, on les re1woie simplement tous les deux. L'Assistance publique ne les secourt qu<.:dans des cas spéciaux, dans des conditions qu'il faut remplir absolument; elle ne donne pas aide et soulagement à toutes les détresses et « ... la ml'.:reest généralement obligée de choisir entre l'abandon ou la faim pour ses petits et la prostitution pour elle ». Les n'.:formes à faire dans ce domaine-lit ne sont pourtant pas impossibles : il faudrait assimiler les enfants naturels aux enfants légitimes, autoriser la recherche de la pateraité, assurer aide et protection sociale à hi femme en gestation ou qui allaite. li faudrait en outre soumettre tous les nouYeau-nés :\ une surveillanœ médicale, au moins pendant deux ans, puisque c'est la période où la mortalité infantile est la plus forte. Avant d'aviser aux moyens de favoriser une plus grande procréation, il serait bon de consen·er ceux qui naissent, et de les entourer de toutes les garanties légales et scientifiques. L'auteur étudie ensuite la question des crl'.:ches, des ,·acheri.::s municipales et des cantines scolaires, qu'il voudr.tit ,·oir agranclies et plus nombreuses, en attendant le jour où tous les enfants seront:\ l.t charge de l'État. La dernière partie du livre, moins intéressante, moins dé,·cloppée, est consacrée à l'exaltation de l'internationalisme et d'un projet de fédération européenne dont l'Allemagne et la France prendraient l'initiative. Tel qu'il est, clair et précis, .:<.! petit line résumt:: assez bien les desiderata du socialismeféminisme, basés sur la simpk ·et juste observation <les faits. * * * Les sélections sociales, par G. \'ACIIER DE LAPOUGE. Cours libre de science politique professé à l'Université de 11ontpcllicr (1888-89). - P_aris,Thorit) et fils, 1896. Cet ouvrage est le développement d'un travail publié sous le inême titre en 1887, complété et fortement remanié sur quelques points de détail. M. ,·achc:r dt: Lapouge applique à la sociologie les mé,ho<les darwiniennes et des procédés d'investigation vraiment scientifiques. Anthropologiste, professeur libre de s.:ience politique, il se vante de ne pas être un sociologue vulgaire, métaphvsicien ou ... fumiste. Son esprit est celui d'un honnête et sain positiviste; il ignore les entit1:s et les concepts tout faits qui sont la monnaie conrante des systèmes.
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