La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE L'J11dcpmdc11L/abo11rParly compte dans les fonctions publiques diYerses plus de 160 représentants, bien qu'il lutte sans aucune accointance ni avec les consen·ateurs torys, ni avec les doctrinaires whigs. Quand le « Parti du Travail » a ajouté son titre « Indépendant », c'était pom marquer nettement son indépendance vis-a-Yis de la bourgeoisie même éclairée, aYec laquelle l'on accuse les autres socialistes d'avoir toujours plus ou moins elcctoralcment flirté. Bref, l'J11depe11deL1a1btour Party ayant porté le combat politique sur le terrain pur de la lutte des classes, espère, non sans raisons, réunir un jour le socialisme et le trade-unionisme anglais dans un même parti ounier. Socialisme rom111111111!. - Dans notre bulletin d'août, nous aYons donné diYers documents sur la municipalisation des services publics a Glasgow. A Londres même, le Co1111/y-Co1111cil est entre dans la Yoie socialiste par la création du TVorhsDepart111ent, de façon a être son propre entrepreneur de tranux. Dans le Peuple de Bruxelles, notre collaborateur Émile Vinck en a expliqué le fonctionnement : Le \\'orks Department prend vis-à-Yis des autres comités du Council le rôle de véritable entrepreneur et son action est présentée au public comme étant 111b1oe111a1ffeaire. Quand un départe~ent quelconque du L. C. C. a un travail à faire exécuter, il fait dresser un de,·is détaillé par ses propres employés, çnsuite il demande :i. l'industrie privée et au \Vorks Committee à quelles conditions ils Yeuknt entreprendre la chose. Inutile de dire que le \Vorks Commitee l'emporte presque toujours. Ce système offre donc ces trois grands avantages: 10 les salaires sont ceux que les Trades-Unions ont admis; 2° les travaux sont bien faits avec de bons matériaux; 3° ils coûtent beaucoup moins cher. A propos des salaires, toujours le Council suit le taux admis par les meilleurs entrepreneurs, mais jamais il ne prend l'initiative d'une augmentation. Les ouvriers admettent. parfaitement cette façon d'agir, ce qui fait que jamais le C. C. n'a à craindre de grè,·es. Les ouniers savent que si un patron admet leur demande, le C. C. non seulement leur accordera les mêmes avantages, mais que la mesure aura un effet rétroactif. Le travail est bien fait, disions-nous. Il est même trop bien fait. Car le County Councïl est obligé de sui,·re la lettre de la loi qui règlemente les constructions, alors qu'un entrepreneur peut se contenter d'en suivre l'esprit. Il peut dire à son ouvrier d'épargner des matériaux à certaines places, le County Council ne peut le faire. Cette circonstance augmente donc ses frais. Une autre charge qui pése sur son budget consiste dans l'amortissement, en 50 ou 60 ans, que la loi impose pour tout le capital (s'élevant actuellement à 2,500,000 francs) qu'il a immobilisé en ateliers et terres. Une autre cause d'infériorité actuelle Yis-à-vis des grands entrepreneurs réside dans ce fait que le L C. C. ne peut exécuter des travaux que pour luimême et n'a pas une quantité de trm·ail suffisante pour établir des ateliers permanents grandement installés et outillés. Le L C. C. pourrait bien cependant,

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